Les banques centrales du monde entier ont accru leurs avoirs en yuans de 32,6 % au deuxième trimestre, malgré la dépréciation de la monnaie chinoise par rapport au dollar, selon les derniers chiffres publiés par le Fonds monétaire international.

Selon des analystes, cette augmentation continue signale un fort enthousiasme pour le yuan à l’étranger ou une internationalisation de la monnaie, et sa part dans les réserves des banques est susceptible d’augmenter dans les années à venir.

« Il est certain que l'internationalisation du yuan se poursuivra à long terme, même avec des fluctuations du marché à court terme et des obstacles économiques », a déclaré Zhang Xingrong, directeur général de l'Institut de finance internationale de la Banque de Chine.

À la fin du mois de juin, le total des réserves en yuans de 149 autorités monétaires, qui déclarent leurs avoirs dans la base de données de composition en devises des réserves de change officielles du FMI, était passé de 1,07 % à 1,84 %.

Pour la première fois, la part du yuan a dépassé celle du dollar australien, montrent les données officielles publiées fin septembre.

« La Chine a fait de grands progrès dans l'ouverture de son marché financier et participé à une expansion du commerce, des investissements transfrontaliers et de la mobilité des ressources humaines, ce qui a naturellement renforcé le rôle international du yuan », a déclaré M. Zhang. Il a ajouté que la croissance de la part du yuan dans les réserves mondiales pourrait contribuer à stabiliser les marchés financiers mondiaux grâce à la diversification des devises.

Mei Dongzhou, professeur à l'Université centrale des finances et de l'économie, estime que l'inclusion du yuan dans le panier de devises du FMI, les droits de tirage spéciaux (DTS), est l'une des principales raisons de son rôle accru dans les réserves mondiales. L’inclusion a encouragé les banques à inclure des réserves en yuans dans leur total de devises et a conduit à une plus large acceptation de la monnaie dans les transactions internationales, a-t-il déclaré.

Le 1er octobre marquait le deuxième anniversaire de l’inclusion du yuan dans les DTS, qui forment au sein du FMI une monnaie de réserve constituée d’un panier de devises importantes. Le yuan représente 10,92 % de ce panier.

Un rapport récent de Goldman Sachs prédit que la part du yuan dans les réserves mondiales « devrait atteindre environ 3 à 4 % d'ici la fin 2022 ».

La réalisation du grand potentiel de l'internationalisation du yuan dépendra des progrès faits dans l'ouverture du marché financier chinois, ainsi que de l’approfondissement et de l’élargissement de celui-ci, ce qui décidera de l'attractivité des actifs en yuans, selon le professeur Mei.

Fang Xinghai, vice-président de la Commission de réglementation des valeurs mobilières de Chine, a déclaré aux journalistes en septembre que le pays a prévu de rendre les investissements de capitaux étrangers en Chine plus faciles et d’améliorer les règles fondamentales du marché, y compris en ce qui concerne la suspension des transactions, la divulgation d'informations et les règlements commerciaux.

Mei Dongzhou a toutefois noté que l’internationalisation du yuan s’accompagne de risques, étant donné la pression potentielle jouée par la sécurisation des flux de capitaux transfrontaliers.