Le premier microsatellite « défini par logiciel » de Chine sera lancé d’ici la fin du mois de novembre, a indiqué lundi Chen Hongyu, le directeur de la Faculté d’innovation pour les microsatellites de l’Académie des sciences de Chine, basée à Shanghai.

L’équipe de Chen Hongyu, qui a développé ce satellite, a jusqu’à présent produit au moins huit micro- ou nanosatellites pour la communication, la navigation et l’exploration scientifique.

Le lancement devrait avoir lieu « d’ici la fin du mois de novembre de cette année », a indiqué M. Chen.

L’expression du moment dans l’industrie « défini par logiciel » consiste ici à pouvoir programmer les fonctions de ces petits satellites par le biais d’un ordinateur privé, voire d’un smartphone.

Les microsatellites pèsent moins de 100 kg et les nanosatellites moins de 10 kg, selon le Science and Technology Daily.

« La fonction d’un unique micro- ou nanosatellite est limitée comparée à un satellite normal ou une station spatiale, mais un réseau de satellites de ce genre peut avoir des avantages qui surpassent les grands satellites dans certains aspects, comme la couverture mondiale », explique Chen Hongyu.

Selon le Science and Technology Daily, qui se réfère aux données de l’entreprise d’ingénierie aérospatiale SpaceWorks, plus de 300 micro- et nanosatellites pesant moins de 50 kg ont décollé l’année dernière, dont 140 produits par l’Inde.

« Au 8 avril 2018, 58,7 % des micro- et nanosatellites à travers le monde provenaient des Etats-Unis et 24,6 % des pays européens, tandis que la Chine n’arrivait qu’à 2,6 % », explique Wu Shufan, un professeur à l’Université Jiaotong de Shanghai, cité par le journal officiel du ministère des Sciences et technologies.

Les micro- et nanosatellites vont se développer au cours des cinq prochaines années pour représenter plus de 10 % de tous les satellites, le secteur entrant dans un « âge d’or pour le développement », souligne-t-il.

Le 29 septembre, la faculté a lancé avec succès un microsatellite SF-1, selon un document communiqué lundi au Global Times. Le SF-1 est le premier d’une constellation de 120 microsatellites de communication et de navigation, qui couvriront la Terre entière.

Le coût relativement faible des microsatellites en fait une activité potentielle pour les entreprises privées chinoises.

L’entreprise Commsat basée à Beijing prévoit de lancer 7 satellites de 100 kg d’ici la fin 2018, puis 4 de plus en 2019 et encore 72 en 2021, selon un document envoyé par l’entreprise au Global Times.

Les petits satellites ont cependant des inconvénients.

« Contrairement aux grands vaisseaux spatiaux, les satellites plus petits sont tirés par la quantité, surtout certains mini-satellites. Ils peuvent également rapidement manquer d’énergie et devenir des déchets spatiaux », explique Jiao Weixin, un professeur en sciences spatiales à l’Université de Beijing.

Selon lui, les instituts de recherche et les entreprises devraient « prendre l’environnement spatial en considération, lorsqu’ils développent des satellites plus petits ».