La Chine est capable d'atteindre les principaux objectifs économiques pour 2018 et l'influence des frictions commerciales entre les deux pays sur l'économie chinoise est contrôlable, a déclaré lundi Ning Jizhe, vice-directeur de la Commission nationale de développement et de réforme de Chine, le planificateur économique du pays.

« L'économie chinoise s’est fortement intégrée à l'économie mondiale au cours des 40 dernières années de réforme et d'ouverture, de sorte qu'il est inévitable que les échanges commerciaux aient un impact et conduisent à des fluctuations de certains indices. Mais cela ne changera pas le dynamisme de l'économie chinoise, avec une croissance régulière et une stabilité assurée », a déclaré M. Ning.

Les quatre indicateurs utilisés au niveau international pour évaluer la performance économique d'un pays pourraient fournir des preuves.

Par exemple, l'économie chinoise a progressé de 6,8 % au premier semestre 2018 et a maintenu un taux de croissance robuste entre 6,7 % et 6,9 % pendant 12 trimestres consécutifs. En août, le taux de chômage en Chine se situait par ailleurs à un niveau relativement bas à 5 %, l'indice des prix à la consommation ayant progressé d'environ 2 % par rapport à l'année précédente. Enfin, les réserves de change du pays ont dépassé 3 mille milliards de dollars, a noté M. Ning.

Les tensions commerciales auront un impact direct et indirect sur la performance économique de la Chine à court et à long terme, a souligné M. Ning. Mais il a remarqué que dans l’ensemble, leur influence est contrôlable, l’économie chinoise étant résiliente et tenace, et les décideurs chinois disposant de mesures et d’expérience pour faire face à de tels risques.

L'impact des différends commerciaux sur les prix est également limité car la Chine possède les industries les plus grandes et les plus complètes au monde, avec une offre abondante de produits agricoles et industriels, a ajouté M. Ning. « Il est difficile de d’entrevoir une hausse globale des prix consécutive aux fluctuations des prix de certains produits », a-t-il ajouté. Selon lui, même si les commandes des entreprises nationales peuvent diminuer en raison des droits de douane, entraînant une hausse du chômage, la Chine propose des politiques favorables à l'innovation et à la création d'emplois, ce qui pourra compenser l'impact négatif des différends commerciaux.

La Chine veut privilégier le transport de la viande de porc

Un haut responsable gouvernemental a déclaré que la Chine augmenterait le transport du porc, plutôt que des cochons vivants, afin de satisfaire la demande en viande et de réduire le risque de transmission du virus de la peste porcine africaine.

Les autorités locales doivent prendre des mesures résolues dès l'apparition des épidémies et éliminer rapidement les risques de propagation de la maladie, a déclaré Yu Kangzhen, vice-ministre de l'Agriculture et des Affaires rurales, lors d'une réunion sur la prévention et le contrôle de la maladie ce week-end à Yingkou, dans la province du Liaoning.

M. Yu a fait savoir que le pays utiliserait pleinement sa capacité d'abattage actuelle pour accélérer le changement et passer du transport de cochons vivants au transport de porc. Les agriculteurs, les producteurs et les représentants du gouvernement qui manquent à leurs obligations en matière de prévention et de contrôle de la maladie verront leur responsabilité engagée, a-t-il averti. Et d’ajouter que les autorités locales doivent accroître leur soutien aux systèmes de contrôle et de prévention des maladies animales, afin de disposer de suffisamment de personnels et d’équipements pour faire face aux maladies dès qu’elles se présentent.

La Chine a enregistré plus d’une vingtaine de cas de peste porcine africaine en août et en septembre, après le premier cas de maladie animale mortelle de Chine à Shenyang, dans la province du Liaoning, le 1er août.

La maladie n'est pas transmissible à l'homme, mais peut entraîner des taux de mortalité pouvant atteindre 100 % chez les cochons. Le porc est la viande la plus consommée en Chine, le plus gros producteur et consommateur mondial de porc.

Zhu Zengyong, chercheur dans ce secteur à l'Académie chinoise des sciences agricoles, a déclaré que le transport de cochons vivants, plutôt que de porc, constituait le principal canal d'approvisionnement en viande en Chine, ce qui augmente le risque d'épidémie. Bien que les entreprises d’abattage en Chine aient généralement une capacité suffisante pour abattre les cochons, cette capacité est inégalement répartie et, dans certaines régions, les consommateurs de porc dépendent des cochons transportés d’autres endroits, a-t-il remarqué. « Le mode de circulation qui met l'accent sur le transport de cochons dans différentes régions est également lié aux habitudes alimentaires des consommateurs dans certaines régions », a-t-il poursuivi. « Dans certaines régions du sud, par exemple, les consommateurs préfèrent le porc provenant d’animaux fraîchement abattus, tandis qu'à Beijing, les gens ont progressivement accepté le porc frais et réfrigéré. »

En plus de réduire les risques de propagation des maladies, promouvoir le passage du transport de cochons vivants à celui de la viande de porc peut également profiter au secteur porcin et aux agriculteurs, et leur procurer davantage de revenus, a-t-il déclaré. « Les cas de peste porcine africaine en Chine pourraient être un tournant décisif pour la transformation », a-t-il souligné. « Mais la promotion du nouveau mode nécessite des efforts de toutes les parties, à savoir les consommateurs, les autorités et le secteur porcin. »