Au premier semestre de 2018, la Chine a reçu son plus grand montant d’investissements étrangers totaux depuis six ans, et ce malgré les incertitudes économiques et les tensions commerciales mondiales actuelles, indique un document officiel publié récemment.

Des experts interrogés à propos des résultats ont indiqué que la croissance économique axée sur la qualité et les politiques ouvrant davantage le pays devraient renforcer la dynamique de la Chine pour attirer les capitaux étrangers.

Les entrées nettes d'investissements étrangers ont augmenté de 45% en glissement annuel pour atteindre 294 milliards de dollars au premier semestre, soit le plus haut niveau depuis 2012, selon un document publié par l'Administration d'Etat des changes.

Les investissements directs étrangers (IDE) - lorsqu'un investisseur étranger établit des activités ou acquiert des actifs commerciaux dans un pays - ont représenté 43% du total des entrées et ont été multipliés par 1,3 par rapport à l'année précédente, inversant ainsi la tendance à la baisse enregistrée au cours des deux dernières années.

« Comparée à certaines économies émergentes qui ont souffert des fluctuations de l'année dernière, la croissance économique soutenue de la Chine et la relative stabilité du yuan ont renforcé la confiance des investisseurs étrangers dans les perspectives de croissance à moyen et à long terme du pays, entraînant ainsi la reprise des investissements directs », a déclaré Zhang Zhiwei, économiste en chef pour la Chine et responsable de la stratégie pour les actions chinoises à la Deutsche Bank.

Au premier semestre 2018, les entrées nettes d'investissements étrangers sur les marchés des valeurs mobilières chinois ont été multipliées par 4,3 par rapport à la même période de l’année précédente, portant à 37% leur part dans les entrées totales, ont annoncé des responsables.

M. Zhang a attribué cette hausse en grande partie aux politiques d'ouverture de la Chine sur les marchés obligataires, les entrées nettes en titres de créance ayant été multipliées par 7,5 et représentant près de 70% des entrées nettes en investissements de portefeuille.

Une série de politiques d'ouverture, en particulier la connexion « en direction du nord » établie dans le cadre du programme de connexion obligataire Chine continentale-Hong Kong (entré en vigueur en juillet dernier), a considérablement simplifié les procédures permettant aux investisseurs institutionnels étrangers de participer aux marchés obligataires de Chine continentale, a affirmé M. Zhang.

Les investissements directs ont également été stimulés par les politiques d'ouverture telles que l'élargissement et la simplification de l'accès des entreprises étrangères aux marchés, ainsi que l'assouplissement des restrictions sur la proportion de participations étrangères dans les entreprises enregistrées en Chine continentale, ont noté des experts.

« L'annulation progressive des plafonds de fonds propres pour les capitaux étrangers dans divers secteurs incite fortement les investisseurs étrangers à investir en Chine », a indiqué Liu Chunsheng, professeur agrégé à l’Université centrale des Finances et d’Economie de Beijing.

Par exemple, trois mois après la promesse de la Chine d'éliminer dans l'année le plafond de 50% pour la participation étrangère dans les constructeurs de véhicules à énergies nouvelles, le géant américain Tesla a annoncé son intention en juillet de créer une usine en propriété exclusive à Shanghai.

M. Liu a déclaré que l'énorme marché de consommation de la Chine, en constante évolution, ainsi que l'amélioration de l’environnement des affaires et des réseaux d'infrastructures du pays, ont aussi contribué à la hausse des investissements directs au premier semestre et devraient continuer d'attirer des capitaux étrangers à l'avenir.

Les entreprises étrangères auront du mal à ignorer l'énorme marché de consommation chinois, et les investissements directs en Chine leur permettront de se rapprocher des consommateurs chinois, améliorant ainsi leur efficacité et réduisant les coûts, a-t-il affirmé.

Dong Dengxin, directeur de l'Institut des finances et des valeurs mobilières de l'Université des sciences et technologies de Wuhan, s'attend à ce que les entrées nettes d'IDE en Chine maintiennent un taux de croissance supérieur d'au moins 8% à la croissance du PIB.

Une croissance économique stable et de haute qualité, associée à des mises à niveau industrielles, devrait attirer davantage d'entreprises étrangères dans les secteurs de la fabrication et des services haut de gamme pour qu'elles investissent en Chine, profitant ainsi du développement économique du pays, a déclaré M. Dong.

Des experts ont également affirmé que les marchés des valeurs mobilières chinois, tant obligataires que boursiers, continueront d'attirer des capitaux étrangers. M. Zhang, de la Deutsche Bank, a estimé que les investisseurs étrangers ne détiennent que près de 2% des marchés obligataires chinois, ce qui laisse beaucoup de place à une possible hausse.

Liu Chunsheng a toutefois indiqué que des hausses des taux d'intérêt aux Etats-Unis pourraient avoir un impact négatif sur les entrées de capitaux de la Chine dans les titres de créance. Les incertitudes extérieures et les politiques d'autres pays visant à attirer les capitaux étrangers pourraient également peser sur les entrées d'investissements étrangers de la Chine, a-t-il ajouté.

« Pour continuer à attirer les investissements étrangers, la Chine doit s'en tenir aux stratégies de réforme et d'ouverture et continuer à s’occuper des maillons faibles de son développement économique », a-t-il conclu.