Trois départements responsables de la mise en œuvre des politiques de planning familial ont été retirés de la nouvelle structure de la Commission nationale de la santé (CNS), a annoncé cette dernière sur son site internet.

Ceux-ci ont été remplacés par un nouveau département, qui se concentrera sur le suivi démographique et le développement familial. Il sera également responsable de proposer des conseils liés aux politiques des naissances. Trois nouveaux départements ont par ailleurs été mis en place pour prendre en charge le travail lié à la santé de la famille, aux soins aux personnes âgées et à la santé au travail.

Le communiqué publié lundi détaille quatorze responsabilités spécifiques de la Commission après la restructuration organisationnelle, incluant la formulation de la politique nationale de la santé, la coordination et l’approfondissement des réformes du système médical et de la santé, la prévention et le contrôle des maladies, ainsi que la formulation des politiques pharmaceutiques.

A la suite de cette restructuration, la Commission comporte désormais 21 départements, avec 525 membres du personnel administratif. Elle souligne l’importance de l’édification d’un système complet pour la prévention des maladies et la gestion des défis engendrés par le vieillissement de la population.

Au mois de mars, le terme « planning familial » avait été retiré du nom de la Commission dans le cadre d’une restructuration radicale du gouvernement pour réformer les départements officiels et réduire les formalités administratives.

La suppression de ces trois départements, qui mettait autrefois en œuvre les politiques de planning familial, a déclenché les spéculations de la population sur le fait que le gouvernement pourrait prévoir de supprimer les limites imposées de longue date sur le nombre d’enfants que les citoyens chinois peuvent avoir.

« La restructuration ne signifie pas que le planning familial n’existe plus, explique Yuan Xin, un spécialiste en démographie de l’Université Nankai de Tianjin. Dans la nouvelle ère, les tâches majeures sont cependant passées du contrôle des naissances à l’apport de services complets en matière de procréation, en soutien au développement des familles. »

En 2017, les personnes âgées de 60 ans et plus représentaient 16,2 % de la population de Chine et selon le Comité national chinois de travail sur le vieillissement, près d’un tiers de la population du pays aura plus de 60 ans d’ici 2050. En comparaison, le nombre de personnes actives devrait tomber à 700 millions, soit un déclin de près de 25 %.

Inquiet par le vieillissement rapide de la population et la réduction de la force de travail, le gouvernement a relâché les mesures de planning familial, qui avaient été adoptées en 1979. Il a ainsi mis en œuvre la « politique des deux enfants » en 2016.

« La mise en place de ce nouveau département pour servir la population vieillissante montre l’attention du gouvernement aux personnes âgées. Cependant, les questions liées au vieillissement de la population ne peuvent pas être résolues uniquement en stimulant le taux de natalité. Le renforcement de notre compétitivité sur le marché mondial et le maintien d’une croissance économique stable constituent plutôt la solution », estime Yuan Xin.

En-dehors de la Commission, plusieurs autres départements ministériels ont récemment publié des plans de restructuration, comme le ministère de la Culture et du tourisme, ainsi que le ministère de l’Ecologie et de l’environnement.