L’indice des prix à la consommation, principal indicateur de l’inflation, a augmenté de 2,3 % en août, contre 2,1 % le mois précédent, soit la plus forte hausse mensuelle depuis février, comme le montrent les chiffres du Bureau national des statistiques.

Selon les analystes et les autorités, il n’y a pas à craindre une inflation continue sur les mois à venir, malgré les pressions causées par la peste porcine africaine et les tensions commerciales avec les États-Unis.

La Chine vise à maintenir la croissance annuelle de l'IPC autour de 3 % cette année.

Sheng Guoqing, statisticien du BNS, a attribué la croissance plus forte que prévu de l'IPC à la hausse des prix des denrées alimentaires en août, provoquée par des conditions météorologiques défavorables et par un approvisionnement en porc relativement limité.

Les prix des denrées alimentaires ont augmenté de 2,4 % en glissement annuel en août, a indiqué M. Sheng. Ce bond s’explique par le temps chaud et pluvieux et par la survenue d’une épidémie de peste porcine dans certaines régions. Ces deux facteurs ont réduit l’approvisionnement en légumes et en viande.

« Nous prévoyons que l'indice des prix à la consommation en septembre augmentera légèrement en passant à 2,5 % en glissement annuel, en raison de la hausse continue des prix du porc et de l’augmentation modérée des prix des légumes et des fruits », a annoncé le BNS.

L'indice des prix à la production a augmenté de 4,1 % en août, soit 0,5 point de moins que le mois précédent.

Ces chiffres arrivent alors que des inquiétudes quant à une possible stagflation apparaissent suite aux attentes croissantes d'une inflation continue et de pressions à la baisse de l’économie.

La stagflation se caractérise par une croissance économique plus lente et une inflation accrue.

Toutefois, aucun signe ne semble indiquer une augmentation continue de la pression inflationniste, et l’économie n’est pas confrontée à un atterrissage brutal cette année, a affirmé un cadre de la Commission nationale du développement et de la réforme.

En dépit de certaines pressions à la baisse, le gouvernement ne devrait pas grandement assouplir ses politiques pour contrer les risques financiers, ce qui signifie que

l’environnement monétaire ne signale pas une forte progression de l’inflation, selon le cadre qui a souhaité garder l’anonymat.

En ce qui concerne les menaces de nouvelles taxes sur les importations chinoises par les États-Unis, la pression globale reste sous contrôle pour l’heure, a estimé Wang Qing, économiste en chef chez Golden Credit Rating. Cela se voit dans la baisse des prix des huiles alimentaires le mois dernier, malgré les moins nombreuses importations de soja.

Les deux pays ont déjà chacun imposé des droits de douane sur plus de 50 milliards de dollars de marchandises, et les États-Unis prévoient d’imposer des droits de douane supplémentaires sur 200 milliards de dollars d’importations en provenance de Chine.