Un convoi va commencer dans quelques jours un voyage d’un mois pour escorter des antilopes tibétaines, qui voyageront des centaines de kilomètres depuis la province de Qinghai jusqu’à la région autonome du Tibet, afin de mettre bas.

L’équipe, organisée par le Bureau de gestion de Qumalai dans le Parc national de Sanjiangyuan dans la province de Qinghai, est constituée de 40 personnes expérimentées, impliquées dans le travail de protection de l’antilope tibétaine depuis de nombreuses années.

Chaque été, entre 5000 et 6000 antilopes en gestation voyagent le long de routes précises, des plaines de Lechi dans le Qinghai jusqu’au plateau de Hoh Xil au Tibet, afin de mettre bas. La diversité de la nourriture et l’environnement relativement sécurisé sont favorables à la naissance et au développement des bébés antilopes. Rapidement, les femelles commencent le trajet du retour avec leurs petits.

Gasang, le directeur du Bureau de gestion, explique que le trajet simple de cette migration de masse s’étend généralement sur 260 km. « Pour minimiser l’influence humaine sur la migration, le convoi se déplacera en moto et restera à distance du groupe », explique-t-il.

Selon lui, les antilopes tibétaines courent le risque d’être attaquées par des prédateurs au cours de cette migration, mais également par des braconniers. Depuis 2006, la population locale a organisé une association volontaire pour s’occuper des espères rares.

Le convoi suivra la migration de bout en bout, jusqu’au Tibet puis sur son retour dans le Qinghai. « Au cours de ce voyage, les activités quotidiennes des antilopes seront recensées, de même que le nombre de nouveau-nés, afin d’établir une base de données pour poursuivre leur étude », souligne Han Jianwu, le directeur adjoint du Bureau de gestion.

A l’avenir, l’équipe bénéficiera d’équipements de pointe pour mieux suivre la migration. Des experts seront également invités pour former les membres de l’équipe, qui pourraient avoir besoin de donner un traitement médical d’urgence aux antilopes blessées ou malades.

L’antilope tibétaine se laisse peu approcher et peut atteindre jusqu’à 80 km/h en vitesse de pointe. En 2008, elle a été inscrite sur la Liste rouge des espèces menacées de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

D’après un rapport publié par le Conseil des affaires d’Etat, la population des antilopes sauvages du Tibet en Chine est passée de 60 000 individus en l’an 2000 à plus de 200 000 en 2016, grâce au travail de protection.

L’année dernière, le gouvernement central a annoncé qu’il réserverait 2 % du territoire national pour protéger les pandas géants, les tigres de Sibérie, les léopards et les antilopes tibétaines dans quatre parcs nationaux approuvés, dont le Parc national de Sanjiangyuan. Celui-ci a une surface de 215 000 km2 à la source du Yangzi Jiang (fleuve bleu), du Huang He (fleuve jaune) et du fleuve Lancang.