Selon une nouvelle politique adoptée par la Commission municipale en charge de l’éducation, les étudiants diplômés des deux meilleures universités de Beijing pourront bénéficier d’une autorisation d’enregistrement accéléré de leur foyer à Shanghai, s’ils choisissent de travailler dans ce pôle financier.

Dans le cadre d’un programme pilote, les étudiants diplômés d’une licence de l’Université de Beijing ou de l’Université Tsinghua ayant la possibilité de travailler à Shanghai recevront un traitement préférentiel dans leur demande d’enregistrement du foyer (hukou) à Shanghai, qui permet de bénéficier de nombreux avantages comme la retraite, la sécurité sociale et une allocation pour l’éducation des enfants, mais également de quotas pour l’achat d’un véhicule et d’un logement.

Cette politique a été adoptée, alors qu’une longue liste de villes chinoises - dont Beijing, Tianjin et Shenzhen – proposent déjà diverses mesures incitatives pour attirer les talents, notamment des mesures préférentielles en matière de hukou.

« Cette nouvelle mesure réduit de manière significative le temps nécessaire pour obtenir un hukou dans le système de points à Shanghai », explique Lu Yujie, un consultant exécutif de la société de gestion des ressources humaines Cornerstone Global Partners.

Alors que les villes de deuxième et troisième rang commencent à attirer les meilleurs diplômés avec des mesures préférentielles, les villes de premier rang - comme Shanghai et Beijing – doivent faire face à une certaine pression. Sur le long terme, Shanghai doit cependant résoudre son coût élevé de la vie et ses prix immobiliers, si elle veut attirer et retenir plus de talents, ajoute-t-il.

Avec une population de près de 25 millions d’habitants, Shanghai a commencé à utiliser un système de hukou par points en 2004 pour les étudiants diplômés dans une autre ville. La préférence est accordée aux étudiants ayant des diplômes supérieurs et des moyennes plus élevées, ainsi qu’aux étudiants diplômés dans certains domaines comme la technologie.

Avec cette nouvelle politique, les étudiants diplômés de l’Université Tsinghua et de l’Université de Beijing sont exempts de ce processus laborieux et n’ont besoin que de répondre aux « exigences de base », s’ils se voient proposer un travail à temps plein à Shanghai.

A Beijing, certains étudiants estiment cependant que cette mesure n’est toujours pas suffisante pour les attirer à Shanghai pour travailler.

Xu Haozhe, un étudiant postuniversitaire de la faculté de droit de l’Université de Beijing, explique : « Tous mes amis et partenaires potentiels en affaires sont à Beijing. Il faudrait que je me fasse de nouveaux amis si j’allais à Shanghai. »

D’après Huang Yunwen, un étudiant du cycle moyen spécialisé dans les sciences informatiques à l’Université de Beijing, la capitale chinoise offre plus d’opportunités et de choix dans le secteur des technologies de l’information : « Cela ne veut pas dire que Shanghai perd de son attrait. J’ai vu des camarades de classe sur les réseaux sociaux évoquer le fait de trouver un emploi à Shanghai. »