Lu Kang, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Le vice-Premier ministre Liu He sera en visite aux Etats-Unis de mardi à samedi en tant qu’envoyé spécial du président Xi Jinping pour des négociations économiques et commerciales, a annoncé lundi Lu Kang, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Cette rencontre fera suite à un premier tour de discussions tenu à Beijing les 3 et 4 mai. Les deux parties devraient poursuivre leurs négociations sur des questions telles que l'expansion des exportations états-uniennes vers la Chine, le commerce des services, les investissements bilatéraux, la protection des droits de propriété intellectuelle et la levée ou non des mesures commerciales et des droits de douane, a déclaré Tu Xinquan, professeur de commerce à l'Université de commerce international et d'économie à Beijing.

Le président états-unien Donald Trump a déclaré dimanche avoir demandé au département du Commerce d'aider ZTE à reprendre son activité, et Lu Kang a fait savoir que la Chine avait apprécié ces propos positifs sur ZTE, ajoutant que la Chine avait maintenu une communication étroite avec les Etats-Unis.

ZTE, fabricant majeur d'équipements de télécommunication, a déclaré la semaine dernière qu'il suspendrait ses opérations principales suite à la décision de Washington interdisant aux sociétés états-uniennes de vendre certaines puces informatiques à la société chinoise avant 2025.

Les Etats-Unis ont accusé ZTE de violer des sanctions en envoyant illégalement des marchandises états-uniennes en Iran au début des années 2010, ainsi que de violer un accord conclu l'année dernière suite à cette affaire. ZTE a fait appel.

Selon ZTE, l'interdiction « affecterait sévèrement la survie et le développement » de l'entreprise, qui dépend des entreprises états-uniennes pour fournir environ un quart de ses composants technologiques.

« Je considère cela comme une étape positive et j'espère que cela créera une meilleure atmosphère pour les discussions actuelles entre les deux pays », a déclaré Henry Levine, un ancien sous-secrétaire états-unien au Commerce. « J'espère que Beijing pourra répondre à cela de manière positive et j’espère que Beijing et Washington pourront entamer un processus […] où chacun prendra des mesures positives », a-t-il indiqué.

Eswar Prasad, chercheur à la Brookings Institution et ancien chef de la division chinoise au Fonds monétaire international, a déclaré que la décision de l'administration Trump ouvrait la voie à une désescalade temporaire des tensions commerciales entre les deux pays.

« Cela présage de bonnes choses pour la prochaine visite de Liu He à Washington, et peut laisser penser qu'un accord pourra être conclu, permettant aux deux parties de revendiquer une victoire au moins partielle », a-t-il ajouté.