L’attaque conjointe contre des installations syriennes viole la Charte des Nations Unies, selon le ministère des AE

La Chine a fait part de son opposition aux attaques dirigées par les Etats-Unis contre des installations d'armes chimiques en Syrie, les experts affirmant que la situation ne s’envenimera pas et que l’avantage du gouvernement syrien dans la guerre civile ne sera que peu affecté par cela.

Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France ont tiré plus de 100 missiles sur trois installations présumées de stockage et de recherche d'armes chimiques près de Damas et de Homs, en représailles contre une attaque chimique présumée lancée dans la ville syrienne de Douma il y a une semaine.

La semaine dernière, le gouvernement syrien a fermement nié les allégations l’accusant de cette attaque chimique, appelant l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) à envoyer une mission d’experts pour enquêter. Cependant, les trois pays ont lancé leur attaque le jour de l'arrivée de la mission à Damas.

« Tout comme en 2013, les“attaques chimiques” ont toujours lieu quand le gouvernement syrien fait une avancée dans la guerre, ce qui signifie que le gouvernement n'a pas du tout besoin d'armes chimiques et que la vidéo fournie par l'Occident est une preuve douteuse. Il semblerait que l'Occident a créé une excuse pour intervenir dans la guerre syrienne », a déclaré Hua Liming, expert sur le Moyen-Orient et ancien ambassadeur chinois en Iran.

Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni samedi à la demande de la Russie, et le projet de résolution russe présenté au Conseil de sécurité pour condamner les frappes aériennes des puissances occidentales sur la Syrie n’a pas été validé, la Chine et la Bolivie étant les seules à s’être jointes la Russie lors du vote, selon Reuters.

« Pourquoi n'avez-vous pas attendu le résultat de l'enquête que vous avez demandée? », a protesté l'ambassadeur russe à l'ONU, Vassily Nebenzia, après le vote. Il a accusé les Etats-Unis, la France et la Royaume-Uni de « faire preuve d’un mépris flagrant pour le droit international ».

La porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying, a déclaré samedi que la Chine était opposée à tout « recours à la force dans les relations internationales » et que « toute action militaire unilatérale contournant le Conseil de sécurité est à l'encontre des objectifs et des principes de la Charte de l’ONU, viole les principes du droit international ainsi que les normes fondamentales régissant les relations internationales, et compliquera davantage la question syrienne ».

La Chine estime qu'une enquête exhaustive, impartiale et objective devrait être menée sur l'attaque présumée à l’arme chimique en Syrie pour parvenir à une conclusion fiable qui puisse résister à l'épreuve du temps. Avant cela, aucun jugement hâtif ne devrait être fait, a-t-elle indiqué.

Eviter une guerre totale

Le chef d'état-major des Etats-Unis, Joseph Dunford, a déclaré vendredi que l'attaque avait ciblé plusieurs objectifs en Syrie, notamment un centre de recherche scientifique dans la région de Damas, une installation de stockage d'armes chimiques ainsi qu’un autre complexe situés à l'ouest de Homs, a rapporté CNN.

« Les cibles ont été sélectionnées avec soin et les frappes seront limitées. Cela montre que les Etats-Unis et leurs alliés ne déclencheront pas une guerre totale contre la Russie et qu'ils n'essaient pas de détruire le gouvernement syrien », a déclaré Gu Zhenglong, chercheur au Centre d'études sur les affaires mondiales Xinhua.

Le ministre français de la Défense a indiqué que la Russie avait été avertie avant les attaques militaires contre la Syrie, a rapporté l'agence Associated Press samedi.

« Cela prouve que les puissances occidentales veulent montrer qu'elles sont dures, mais qu’elles essaient en même temps d'empêcher une escalade des tensions. La réponse de la Russie a également été prudente », a affirmé Hua Liming.

Le président états-unien Donald Trump a utilisé des mots durs, il doit donc agir pour prouver sa détermination, et le Royaume-Uni et la France ont exprimé leur soutien aux Etats-Unis, donc ces actions étaient motivées par des intérêts politiques plutôt que militaires, a avancé M. Gu.

« Aucune base militaire russe ou iranienne n'a été touchée jusqu'à présent, et l'avantage stratégique du gouvernement syrien ne sera pas trop affecté par ce genre de frappe, donc il conservera son avantage dans la guerre civile », a noté Hua Liming.