Plus de 5300 manuscrits de Dunhuang ont été « renvoyés » de France vers la Chine sous forme numérique et sont maintenant disponibles en ligne, a annoncé la Bibliothèque nationale de Chine.

Ces ressources numériques ont été fournies par la Bibliothèque nationale de France, qui détient plus de 7000 exemplaires originaux des manuscrits de Dunhuang.

Les manuscrits de Dunhuang sont des documents découverts dans les grottes de Mogao, dans la province chinoise du Gansu, au début du XXe siècle. Il y en a plus de 50 000, comprenant des documents historiques, linguistiques, artistiques et religieux.

Datant du Ve au XIe siècle, la plupart sont en chinois, mais certains sont présentés dans d'autres langues comme le khotanais et l'hébreu.

A l'heure actuelle, environ 16 000 manuscrits de Dunhuang se trouvent à la Bibliothèque nationale de Chine, tandis que le reste est dispersé à l'étranger en Russie, au Royaume-Uni, en France et au Japon.

En 1908, le sinologue français Paul Pelliot emmena 7000 manuscrits de Dunhuang en France, et ces derniers sont largement reconnus comme les parties les plus importantes.

La Chine a lancé le Projet de préservation des livres anciens en 2007 et a commencé à enquêter et à récupérer des millions de classiques chinois se trouvant à l’étranger. En 2015, la Bibliothèque nationale de Chine a lancé un projet de coopération numérique, utilisant du contenu numérique ou une impression haute définition pour populariser les classiques chinois anciens.

Selon Lin Shitian, directeur du Centre national pour la préservation et la conservation des livres anciens, la Bibliothèque nationale de France avait fait don en 2015 à la Bibliothèque nationale de Chine de documents numériques de la série de peintures « Quarante scènes du Yuanmingyuan », l’ancien Palais d'été, et avait suggéré une coopération plus approfondie sur les reliques de Dunhuang.

Plus de 50 volumes du « Canon de Yongle », une ancienne encyclopédie, ont également été récupérés sous forme numérique auprès de l'Université de Harvard, l'Université d'Oxford, la British Library et d'autres organisations de l'étranger, a fait savoir M. Lin.

Zhao Wenyou, également du Centre national pour la préservation et la conservation des livres anciens, a déclaré qu'à moins que certains collectionneurs privés n’en fassent don ou ne les vendent, la plupart des copies papier des livres anciens chinois dispersées à l'étranger seront difficiles à récupérer.

« La numérisation peut ramener des travaux anciens sous forme numérique, ce qui est une solution plus réaliste et réalisable », a affirmé M. Zhao.

Selon lui, les membres du Centre recherchent d'importants livres anciens à l'étranger et établissent des bases de données bibliographiques. Ils coopèrent également avec d'autres pays pour « ramener » de précieux documents en utilisant la numérisation ou la photocopie.

« Ces collections papier sont fragiles. Nous devons nous battre contre le temps pour effectuer ces travaux », a ajouté M. Zhao.

Les 5300 manuscrits de Dunhuang ne sont pas réservés aux chercheurs, le grand public peut également se connecter au site web de la Bibliothèque nationale de Chine pour la recherche et la navigation en texte intégral, a déclaré Liu Bo, chef de projet des documents de Dunhuang.

« Ces documents seront une vitrine pour que les gens de tous les horizons puissent comprendre et étudier l'histoire de la Chine. C'est la seule façon de faire vivre ces précieux livres anciens », a indiqué M. Liu.