A la suite d’une visite en Chine couronnée de succès, une courte vidéo montrant le président français Emmanuel Macron apprenant le mandarin lui a attiré une grande sympathie auprès du peuple chinois. Celle-ci a également démontré clairement ce qu’il apporterait dans la construction d’une nouvelle relation avec la Chine.

La « détermination » et « l’humilité » sont les termes qu’il avait employés, lors d’une interview en amont de sa visite. Ceux-ci furent largement perçus par le peuple chinois, notamment dans la vidéo le montrant en train de s’essayer à la prononciation en mandarin de l’expression « Rendre sa grandeur à la planète » - une petite pique au slogan de campagne du président américain Donald Trump « Rendre sa grandeur à l’Amérique » (« Make America Great Again »).

M. Macron a été suffisamment humble pour s’essayer à la langue de son hôte, apparaissant déterminé à exécuter de manière correcte les difficiles tons du mandarin… et il y est parvenu.

Au cours d’une visite de la Cité interdite à Beijing, il a également affirmé clairement son ouverture d’esprit : « Nous sommes ici avec beaucoup d’humilité et de curiosité. D’humilité, car on ne peut pas prétendre avoir tout compris en si peu de temps. Cette visite nous permet de découvrir un peu plus la place et la profondeur de la civilisation chinoise. »

Cette attitude contraste fortement avec l’arrogance et la condescendance, dont témoigne parfois la diplomatie des puissances occidentales. Ce fut l’un des facteurs essentiels au développement de la confiance et de l’amitié en Chine.

En tant que premier chef d’un Etat membre de l’Union européenne à se rendre en Chine depuis le XIXe Congrès national du PCC - qui a ouvert une nouvelle ère pour le peuple chinois - et dans un contexte d’incertitudes en Allemagne et face au Brexit, la diplomatie du président français est un bel exemple pour ses collègues européens, sur le style mais également dans son contenu.

M. Macron a indiqué que la France souhaitait jouer un rôle actif dans l’initiative des nouvelles Routes de la soie, répondant à la proposition clé de la Chine de rechercher une prospérité commune au sein de la communauté internationale.

Il s’est également engagé à travailler avec la Chine pour répondre aux défis communs de la communauté internationale, se faisant le héraut de la mondialisation et du multilatéralisme à un moment où le besoin s’en fait le plus ressentir. Le populisme et le nationalisme protectionniste n’est pas une solution aux problèmes que le monde - notamment l’Europe - affronte.

Une économie mondiale ouverte avec des chances équitables, ainsi qu’un processus de mondialisation économique plus transparent, inclusif et équilibré, bénéficient à tout un chacun. C’est la raison pour laquelle la libéralisation et la facilitation du commerce et de l’investissement devraient être réaffirmées, comme l’ont fait la Chine et la France.

La France, un membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, est perçue par la Chine comme un pays important, un pays avec lequel elle peut se coordonner sur des questions internationales majeures dans l’espoir de promouvoir la stabilité et la prospérité mondiales.

Alors que les défis mondiaux sont nombreux, il n’est pas souhaitable d’avoir un « gendarme planétaire » ni de vide dans le leadership mondial.

Bien entendu, il y a également la question du changement climatique, sur laquelle la Chine et la France se sont engagées à garder le cap. M. Macron, qui est un défenseur notoire de l’environnement, trouvera en Chine un partenaire stable, qui œuvre aujourd’hui pour l’amélioration de son environnement à une échelle sans précédent.

Ensemble, les deux pays peuvent « rendre sa grandeur à la planète ».