Une réunion clé du principal organe de contrôle de la discipline, prévue jeudi, devrait permettre de consolider davantage les efforts anticorruption de la Chine et de faire avancer la réforme du système de contrôle, ont indiqué des experts.

La 19e Commission centrale de contrôle de la discipline (CCCD) du Parti communiste chinois (PCC) tiendra sa deuxième session plénière jusqu'à samedi, comme décidé le 27 décembre lors d'une réunion du Bureau politique du Comité central du PCC.

Les participants à la session devraient débattre de l'approfondissement de la réforme du système national de supervision, qui centralisera le pouvoir de lutte contre la corruption et sera crucial pour le futur déploiement anti-corruption de la Chine, a fait savoir Jiang Laiyong, chercheur au Centre anticorruption chinois à l'Académie chinoise des sciences sociales.

Dans son rapport présenté en octobre au 19e Congrès national du PCC, Xi Jinping, secrétaire général du Comité central du PCC, a déclaré que de nouvelles commissions de contrôle seraient établies à travers le pays à différents niveaux pour assurer une inspection complète des fonctionnaires.

Début novembre, le Comité permanent de l'Assemblée populaire nationale (APN), le plus haut organe législatif du pays, a également décidé de soumettre le projet de loi de supervision à la prochaine session plénière de l'APN, prévue début mars.

« La mise en place des nouvelles commissions de contrôle est une réforme majeure qui inclura de nouveaux déploiements et intégrera des ressources anti-corruption, dont les agences de supervision, de lutte contre la corruption et les pots-de-vin, et de prévention déjà existantes au sein des gouvernements et des parquets pour combattre les problèmes de corruption », a déclaré M. Jiang.

« Dans le cadre de la réforme, les nouvelles commissions de contrôle à chaque niveau deviendront plus autoritaires pour combattre la corruption sous la direction directe des comités du Parti, et amélioreront efficacement la capacité de traquer les fugitifs chinois corrompus qui sont toujours en fuite à l'étranger afin de récupérer leurs actifs illicites », a-t-il affirmé.

Depuis la fin du mois de novembre 2012, lorsque M. Xi est devenu le dirigeant du Parti et de l'armée, la lutte contre la corruption est devenue une priorité absolue à travers le pays pour combattre les « tigres et les mouches », deux noms faisant référence aux hauts responsables et à ceux de moindre importance.

Selon la CCCD, 159 100 personnes ont été punies pour corruption ou des violations de la discipline l'année dernière. Entre janvier et novembre, 61 000 responsables ont été sanctionnés dans 43 400 cas pour avoir violé le code de frugalité en huit points du Parti, montrent les chiffres de la CCCD.

La réunion du Bureau politique du 27 décembre a bien fait comprendre que « le travail de lutte contre la corruption se poursuivra sans répit jusqu'à la fin », selon une déclaration publiée après la réunion.

Gao Bo, chercheur politique à l'Académie chinoise des sciences sociales, a déclaré qu’une gouvernance du Parti avec une discipline stricte, un formalisme de combat et une forte bureaucratie sera également mise en avant lors de la réunion plénière du CCCD qui débute jeudi.

« Ce n'est que si les membres du Parti placent la discipline et les règles politiques du Parti en priorité qu'ils auront une croyance et des idéaux corrects, qu'ils éviteront activement les problèmes de corruption et qu'ils rempliront pleinement leurs fonctions pour mieux servir le public », a affirmé M. Gao.