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2 décembre 2020 : la sonde Chang’e-5 récolte des échantillons lunaires. [Photo transmise par l’Administration spatiale nationale chinoise]

La Chine devrait probablement achever l’établissement d’un avant-poste de recherche lunaire se basant sur deux missions d’exploration robotique d’ici 2028 et envoyer des astronautes sur la Lune aux alentours de 2030, a laissé entendre le concepteur en chef du programme d’exploration lunaire de la Chine.

Wu Weiren, qui est également membre de l’Académie d’ingénierie de Chine (AIC) et le directeur du laboratoire d’exploration spatiale du pays, a déclaré récemment que la Chine avait établi un plan d’exploration spatiale pour les dix à quinze prochaines années.

L’exploration lunaire est l’une des quatre tâches majeures de ce plan. Les trois autres sont l’étude des astéroïdes et leur impact, l’exploration planétaire et la construction d’un lanceur lourd suffisamment puissant pour les futures missions habitées lunaires et martiennes.

En 2004, la Chine a formellement établi le « Projet Chang’e » et réalisé avec succès son programmes d’exploration lunaire en trois étapes, consistant à orbiter autours de la Lune, à réaliser un atterrissage lunaire et à rapporter des échantillons à la suite de la mission Chang’e-5 en 2020.

D’après Wu Weiren, la Chine est en train de poursuivre avec la 4e étape de son exploration lunaire, qui inclura les missions Chang’e-6, Chang’e-7 and Chang’e-8. La mission Chang’e-6 permettra de rapporter sur Terre de nouveaux échantillons et les missions Chang’e-7 et 8 permettront d’explorer le pôle Sud de la Lune et d’établir les fondations de l’avant-poste.

« La Chine est le premier pays à proposer un avant-poste sur le pôle Sud de la Lune », a fait remarquer Wu Weiren. Le pôle Sud est susceptible d’avoir des conditions d’illumination solaire favorables, ce qui signifie un approvisionnement régulier en énergie et des températures stables. Cela rendra également possible l’exploration robotique à long terme et les activités humaines.

« Cet avant-poste sera constitué par des atterrisseurs, des rovers, des ascendeurs et des véhicules en orbite. Les ascendeurs pourraient être réutilisables », a expliqué Wu Weiren.

Selon lui, les chercheurs chinois sont en train de développer un nouveau système d’alimentation électrique utilisant l’énergie nucléaire, ce qui permettra de résoudre le problème de l’énergie à long terme sur la future station internationale de recherche lunaire, qui sera établie sur la base de l’avant-poste.