Les politiques macroéconomiques de la Chine ont pour objectif de minimiser les fluctuations cycliques et de stabiliser la croissance grâce à des ajustements structurels, en prévenant un ralentissement brutal et en évitant les mesures de relance agressives, ont indiqué de hauts fonctionnaires et experts.

Les signaux récents indiquent que les décideurs politiques chinois cherchent à donner la priorité à la stabilisation de la croissance plutôt qu'à la prévention des risques, tout en tâchant de trouver un équilibre entre les deux, affirment les analystes.

Le gouvernement devrait renforcer l'ajustement anticyclique des politiques macroéconomiques, afin de maintenir la stabilité de l'offre et des prix tout en aidant les entreprises à surmonter les difficultés, a déclaré samedi Zhu Hong, statisticien du Bureau national des statistiques (BNS).

Cette orientation politique est conforme à la déclaration formulée par le Premier ministre Li Keqiang lors d'une réunion du Conseil d'État la semaine dernière, durant laquelle il a affirmé que la croissance économique du pays est confrontée à de « nouveaux défis » et que des mesures supplémentaires sont nécessaires pour maintenir une croissance stable.

Les bénéfices des grandes entreprises industrielles du pays ont maintenu leur dynamique de croissance en octobre, avec une croissance de 24,6 % en glissement annuel, soit 8,3 points de pourcentage de plus qu'en septembre, a indiqué samedi le BNS. La croissance des bénéfices du secteur minier et de l'industrie manufacturière de transformation de matières premières s'est nettement accélérée en octobre, a indiqué Zhu Hong.

Le secteur manufacturier reste confronté à des pressions inflationnistes, et les bénéfices des producteurs pourraient ne pas connaître de rebond rapide à court terme, bien que les principaux indicateurs en octobre appellent à des perspectives optimistes, a-t-il ajouté.

Les préoccupations qui entourent les perspectives de l'économie mondiale se sont accrues la semaine dernière après l'annonce par l'Organisation mondiale de la santé portant sur l'émergence du nouveau variant Omicron dans la pandémie de COVID-19. Les premières données médicales suggèrent une éventuelle efficacité moindre des vaccins actuels contre ce variant et un risque de propagation plus rapide que le variant précédent. Les investisseurs sur les marchés mondiaux des actions et des matières premières ont réagi vendredi avec de nombreuses ventes.

En prévision des restrictions de déplacement susceptibles d'être causées par le variant Omicron, les cours ont chuté vendredi à Wall Street. L'indice boursier S&P 500 a baissé de 2,3 % et l'indice MSCI Asie-Pacifique de 1,7 %.

La réimposition éventuelle de restrictions strictes sur les voyages, notamment avec une baisse du nombre de vols, pourrait diminuer la pression inflationniste tandis que l'offre de ressources énergétiques devient plus équilibrée sous l'effet d'une moindre demande, selon les économistes.

En Chine, le gouvernement pourrait maintenir une approche « zéro COVID » malgré des taux de vaccination élevés, ce qui est susceptible de nécessiter des fermetures périodiques pour lutter contre les foyers épidémiques, a déclaré Katie Chen, directrice des services des institutions financières de Fitch Ratings. Cela aurait pour effet d'abaisser l'activité économique et de limiter les déplacements aériens nationaux et internationaux, a-t-elle ajouté.

Dans leurs projections économiques pour 2022, les économistes de Goldman Sachs prévoient un assouplissement des mesures pour compenser la pression à la baisse. Cependant, l'assouplissement ne sera pas aussi marqué qu'en 2015 ou au début 2020, selon Shan Hui, économiste en chef de Goldman Sachs pour la Chine.

Les ajustements de politique monétaire se concentreront sur des mesures structurelles, notamment avec des programmes de prêts pour fournir un soutien plus ciblé, tandis que la banque centrale devrait laisser les taux directeurs inchangés l'année prochaine.

En 2022, la politique budgétaire devrait s'assouplir quelque peu après un resserrement considérable, a indiqué Mme Shan. Le déficit budgétaire pourrait ainsi passer de 11 % en 2021 à 12 % en 2022.

« Nous prévoyons à la fois une meilleure mise en œuvre de ces politiques à long terme et de politiques cycliques moins strictes sans être trop souples en 2022 », a-t-elle ajouté.