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Le ministère des Finances à Beijing.

La Chine va progressivement supprimer ses mesures de réduction des impôts et des taxes, initiées l’année dernière pour amortir les effets de l’épidémie de Covid-19, a déclaré mercredi le ministre assistant des Finances Ou Wenhan.

Le pays devrait toutefois approfondir certaines mesures comme les allègements de la TVA pour les petits contribuables, afin de maintenir le soutien nécessaire à la reprise économique, a-t-il indiqué lors d’une conférence de presse. Par ailleurs, les mesures temporaires d’urgence concernant la prévention virale et visant à assurer l’approvisionnement seront arrêtées.

Les réductions des impôts et des taxes mises en œuvre l’année dernière dans le cadre des efforts pour stabiliser l’économie devraient en grande partie se terminer cette année, car une reprise économique solide nécessite des efforts pour éviter la surchauffe, notent les observateurs.

D’après Tian Yun, le vice-directeur de l’Association des opérations économiques de Beijing, l’économie aurait enregistré une croissance plus forte l’année dernière, si le pays ne s’était pas efforcé de remplir ses objectifs environnementaux. L’économie de la Chine a enregistré une croissance de 2,3 % en 2020, soutenue par des mesures efficaces d’endiguement du virus.

La reprise économique devrait encore s’accélérer cette année et le FMI a rehaussé mardi dernier ses prévisions pour la croissance chinoise à 8,4 % en 2021, soit 0,3 point de pourcentage de plus que dans ses prévisions du mois de janvier.

Tian Yun a annoncé une croissance du PIB à 9 % pour cette année. Cette année, une posture budgétaire neutre devrait faire suite au changement apparent de politique budgétaire du quatrième trimestre dernier, qui a entraîné une utilisation incomplète du budget de 2020, précise-t-il.

En 2019, le pays a augmenté ses dépenses budgétaires dans un contexte de tensions avec les Etats-Unis, avec des investissements renforcés dans les nouvelles infrastructures, des systèmes de 5G à l’intelligence artificielle en passant par la transmission ultra haute tension. « Cette situation renforce l’urgence à prendre dès à présent des mesures pour éviter une surchauffe de l’économie », explique-t-il.

Le FMI a également prévu un « léger resserrement » cette année, après une forte expansion budgétaire en 2020.

Le succès de la Chine dans l’endiguement du virus et la dynamique de croissance économique forte qui a suivi ont été pris en compte dans les objectifs fixés cette année par la Chine concernant son ratio de déficit public.

D’après un rapport de travail du gouvernement central présenté en mars à l’Assemblée populaire nationale (APN), ce ratio a été fixé pour 2021 à environ 3,2 % du PIB, à comparer avec l’objectif de déficit à plus de 3,6 % du PIB fixé l’année dernière. Par ailleurs, aucune obligation gouvernementale spéciale pour le Covid-19 ne sera émise cette année.

Song Yu, l’économiste en chef pour la Chine de la société BlackRock Investment Institute et représentant en chef pour sa branche de Beijing, estime que cet objectif budgétaire de 3,2 % constitue un « signal légèrement dovish » (c’est-à-dire que tous les moyens sont utilisés pour favoriser la croissance économique), car l’objectif est habituellement inférieur à 3 %. Cet objectif de 3,2 % suggère simplement « une normalisation partielle de la politique budgétaire ».

D’après Ou Wenhan, le pays continuera dans le même temps à mettre en œuvre une politique systématique de réduction des taxes, portant notamment sur les taux de TVA, les remboursements de TVA ou encore des abattements additionnels spéciaux pour les impôts sur le revenu des particuliers.