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Des travailleurs médicaux, qui ont aidé à lutter contre le Covid-19 à Wuhan l’année dernière, admirent la rue des cerisiers dans l’Université de Wuhan. Cette université est l’un des meilleurs endroits en Chine pour apprécier les cerisiers en fleur.

Wuhan, la ville la plus durement touchée par le coronavirus, est redevenue la même métropole dynamique et vibrante que ce qu’elle était avant la pandémie, un an après la levée du confinement. Toutefois, ce retour à la normale reste teinté de quelques appréhensions et regrets, alors que le Covid-19 continue de faire rage dans le reste du monde. En attendant, la population locale rejette fortement la stigmatisation de leur ville par certains politiciens occidentaux.

Mercredi, les habitants de Wuhan continuaient de porter leurs masques et la désinfection, les contrôles de températures et les codes-barres sanitaires restaient nécessaires dans les lieux publics. De même, certaines boîtes de nuit étaient toujours fermées ou limitaient le nombre de leurs clients.

M. Peng, un chauffeur de taxi, aimerait bien que les résidents locaux puissent de nouveau se serrer la main, qu’il puisse sourire à ses clients sans masque de part et d’autre, et qu’il soit possible de discuter sans qu’il y ait besoin de maintenir de distanciation sociale.

Au-delà de ces regrets au sujet de la pandémie, les habitants de Wuhan sont furieux et rejettent fortement la politisation visant à rejeter la faute du coronavirus sur leur ville.

Huang Haixia, qui vit depuis plusieurs années dans la rue Jiqing, se demande « pourquoi les Etats-Unis continuent de clamer que Wuhan est à l’origine du coronavirus, mais lorsque nous remettons en question ses athlètes ayant participé aux Jeux mondiaux militaires à Wuhan en octobre 2019, les Etats-Unis n’osent pas montrer de résultats à des tests de santé ou de preuves de leur santé ? »

Mme Huang pense que les Etats-Unis doivent cacher quelque chose et que les experts de l’Organisation mondiale de la santé devraient se rendre aux Etats-Unis pour chercher l’origine du coronavirus.

A la suite de la publication à la fin du mois de mars dernier d’un rapport conjoint par l’OMS et la Chine sur les origines du coronavirus, les scientifiques chinois de l’équipe chargée de cette enquête ont suggéré qu’il était temps pour les chercheurs d’aller « chercher ailleurs » et de tester plus d’hypothèses pour résoudre cette énigme.

« Wuhan est une victime, tout comme la ville de New York, Melbourne ou encore Tokyo. Personne ici ne bénéficie de cette épidémie », explique Zhou Ning, un cardiologue de l’hôpital Tongji à Wuhan, qui fut en première ligne durant l’épidémie.

Selon lui, il est vraiment pervers d’un point de vue de la conscience humaine de stigmatiser sans aucune preuve une ville par intérêt politique.

Comme le dit le proverbe, « le vent fait ployer l’arbre le plus grand ». Les attaques calomnieuses de l’Occident à l’encontre de Wuhan ou de la Chine reflètent les bons résultats de la Chine dans la lutte contre l’épidémie, car « les personnes exceptionnelles sont susceptibles d’être attaquées par jalousie ».

Pour Zhou Ning, explorer les origines du virus est une questions scientifique complexe et ardue, qu’il sera « difficile de résoudre en quelques mois ».