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Capture d’écran du documentaire La Guerre de l’ombre. [Crédit photo : CGTN]

La région autonome ouïgoure de Xinjiang continue de faire face à des défis graves liés au terrorisme et à l’extrémisme. Ses mesures pour combattre ces fléaux sont donc nécessaires et elles ne sont jamais excessives, contrairement à ce qu’affirment certains pays occidentaux, a déclaré mardi Xu Guixiang, un porte-parole du gouvernement régional, lors d’une conférence de presse organisée à Ürümqi.

Même si aucun incident terroriste n’a eu lieu depuis plus de quatre ans dans cette région autrefois confrontée à des attaques violentes et fréquentes, les mesures pour lutter contre le terrorisme et l’extrémisme en accord avec la loi continueront d’être mises en œuvre, a fait savoir le porte-parole.

D’après Xu Guixiang, le documentaire de 55 minutes intitulé La Guerre de l’ombre, produit par le réseau China Global Television Network (CGTN) et diffusé vendredi dernier, a révélé la façon dont certains officiels tapis dans des organes gouvernementaux ont soutenu la propagation de l’extrémisme et du terrorisme au Xinjiang. Il démontre également les préjudices engendrés par ces personnes, ainsi que les raisons pour lesquelles la démission de leurs fonctions a joué un rôle crucial dans les mesures de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme dans la région.

Les responsables exposés dans le documentaire sont Shirzat Bawudun, ancien chef de police du xian de Moyu dans la préfecture de Hotan, puis directeur du Département régional de la justice du Xinjiang et secrétaire adjoint à la Commission politique et légale du Comité du Parti communiste de Chine pour le Xinjiang, et Sattar Sawut, l’ancien directeur du Département régional de l’éducation du Xinjiang.

Agé de 54 ans, Shirzat Bawudun a été condamné à mort avec deux années de sursis pour ses crimes, qui incluent la sécession, la défection à l’ennemi, la transmission illégale d’informations à des organes étrangers, la participation à des groupes terroristes, l’assistance à des activités terroristes et le sabotage de l’application de la loi au nom de l’extrémisme, a indiqué Wang Langtao, le vice-président de la Haute cour populaire du Xinjiang, au cours de la conférence de presse.

Pendant longtemps, Shirzat Bawudun a comploté des activités séparatistes sous le masque de membre du PCC. Il a proposé son soutien et sa protection à des séparatistes et des extrémistes religieux. Il a également accéléré la propagation de l’extrémisme religieux à Moyu et créé un environnement favorable pour les attaques terroristes, a souligné Wang Langtao.

« Pendant une longue période, Shirzat a servi de bouclier protecteur pour les forces du séparatisme, de l’extrémisme et du terrorisme à Moyu, dans l’objectif d’établir un "Etat indépendant" », a-t-il précisé.

En mai 2003, Shirzat Bawudun, alors directeur du Bureau de la sécurité publique du xian de Moyu, a rencontré Tayir Abbas, un membre clé du Mouvement islamique du Turkestan oriental. Cette organisation terroriste, également connu sous le nom de Parti islamique du Turkestan, vise à séparer le Xinjiang de la Chine et à établir l’Etat indépendant du « Turkestan oriental », selon un document de la Cour.

Shirzat Bawudun avait promis d’offrir son soutien à la cause de l’« indépendance ethnique ». En 2015, il a été désigné par le Mouvement islamique du Turkestan oriental comme candidat pour diriger le futur « Etat indépendant » pour sa « contribution exceptionnelle », ayant fourni un soutien financier et des informations liées au terrorisme à la branche égyptienne du mouvement.

Shirzat Bawudun a été initialement détenu pour des suspicions d’infractions à la discipline le 5 juin 2018, avant d’être formellement arrêté six mois plus tard.

Un officiel à deux visages

Dans l’autre dossier, Sattar Sawut, l’ancien directeur du Département régional de l’éducation du Xinjiang aujourd’hui âgé de 73 ans, a été condamné à la peine capitale avec un sursis de deux ans pour sécession, après avoir été arrêté le 19 mai 2017, a indiqué Wang Langtao.

Depuis 2002, Sattar Sawut, qui présidait également le Groupe de réforme du programme éducatif de base du Xinjiang, a vu l’opportunité de conditionner ses « successeurs » en incluant des contenus sur « l’oppression ethnique » dans les manuels scolaires. Il a également inclus de façon délibérée des rédacteurs ayant des opinions séparatistes au cours du processus d’édition, a expliqué Wang Langtao.

D’après l’enquête de police, il y avait 84 articles contenant des éléments liés au séparatisme ethnique, au terrorisme et à l’extrémisme religieux dans les éditions de 2003 et de 2009 des manuels en langue ouïgoure, utilisés dans les écoles primaires et secondaires du Xinjiang pendant plus de 13 ans. Un certain nombre de personnes impliquées dans des attaques terroristes ou des activités séparatistes ont été influencées par ces manuels.

Selon Wang Langtao, Shirzat Bawudun et Sattar Sawut ont choisi de ne pas faire appel et ont plaidé coupables.