Les pays qui s’efforcent de lutter contre la pauvreté extrême devraient formuler des plans d’aide basés sur les conditions sur le terrain et adopter une attitude « scientifique » tout en décidant des seuils de pauvreté, des objectifs et des stratégies de leurs propres campagnes de lutte, a avancé mardi un responsable chinois.

« C'est parce que chaque pays et région est confronté à des conditions différentes et que les décisions doivent être basées sur leur situation réelle », a déclaré Wang Zhengpu, chef de l'Administration nationale pour la revitalisation rurale, qui a été inaugurée en février, en remplacement du Bureau du groupe directeur du Conseil des affaires d'État sur le développement et la lutte contre la pauvreté, l'ancienne agence de lutte contre la pauvreté.

Le Parti communiste chinois (PCC) a fait progresser la campagne de réduction de la pauvreté dans la nation la plus peuplée du monde « étape par étape » avec des « efforts continus », et son approche sur mesure fait partie des « expériences inestimables » qui ont amené à son succès, a affirmé M. Wang lors d'une conférence de presse. Il a répondu aux questions des médias sur la manière dont l'expérience de lutte contre la pauvreté en Chine pourrait servir de référence pour d'autres pays.

La Chine a sorti plus de 770 millions de résidents ruraux de la pauvreté extrême après avoir adopté de vastes réformes en 1978, selon un livre blanc intitulé « Réduction de la pauvreté : l'expérience et la contribution de la Chine », qui a été publié mardi. Le nombre de Chinois qui ont échappé à la pauvreté représentait plus de 70% des personnes pauvres du monde au cours de cette période, selon le seuil de pauvreté fixé par la Banque mondiale, indique le livre blanc.

Le président chinois Xi Jinping, qui est également secrétaire général du Comité central du PCC et président de la Commission militaire centrale, a annoncé en février que la Chine avait remporté une « victoire complète » dans sa lutte contre la pauvreté absolue.

Xu Lin, directeur adjoint du Département de la publicité du Comité central du PCC et ministre du Bureau des informations du Conseil des affaires d'État, a indiqué que le livre blanc offrait une « vue panoramique » de la cause prolongée de réduction de la pauvreté dans le pays.

« Les efforts de réduction de la pauvreté en Chine montre que la pauvreté n'est pas irrémédiable et qu'elle n'est pas invincible », a-t-il déclaré.

Résumant l'expérience que d'autres nations pourraient souhaiter imiter, M. Wang a affirmé que ces réalisations avaient été rendues possibles en raison de plusieurs facteurs clés, tels que l’engagement et la philosophie « centrée sur les personnes » du Parti, la croissance économique soutenue du pays ainsi que la large implication des acteurs non gouvernementaux dans la lutte.

« Ce sont les forces politiques, institutionnelles et organisationnelles du PCC », a-t-il poursuivi.

Cette année marque également un tournant pour les politiques rurales de la Chine. Auparavant, les autorités centrales avaient donné la priorité à la réduction de la pauvreté dans les campagnes dans le cadre d'un effort plus large visant à faire de la Chine une « société modérément prospère à tous les égards » d'ici le centenaire du PCC cette année.

Alors que la Chine a réussi à éradiquer la pauvreté absolue, le pays s'est engagé dans la revitalisation de ses zones rurales – une tâche qui est au cœur de la campagne de modernisation de la nation, qui se poursuivra jusqu'au milieu du siècle.

Pour empêcher un retour à la pauvreté à grande échelle, la nouvelle Administration nationale pour la revitalisation rurale continuera de surveiller les niveaux de revenu des familles encore vulnérables, a indiqué M. Wang.

« Les principes [de cette lutte] sont l'identification précoce, l'intervention précoce et l'assistance précoce », a déclaré M. Wang.

L’on surveille également si ces familles ont accès à des foyers sûrs, à l'enseignement obligatoire, à des soins de santé abordables et à de l'eau potable, des repères qui avaient été adoptés pour suivre les progrès de la réduction de la pauvreté en plus du seuil de pauvreté monétaire de 2300 yuans (351 dollars) de revenu annuel par habitant. Ce seuil a été fixé il y a plus de dix ans et a été ajusté annuellement en fonction de l'inflation. Hong Tianyun, directeur adjoint de l'administration, a affirmé que cela correspondait à la situation de la Chine.

L'administration a créé une période de transition de cinq ans pendant laquelle les politiques favorables adoptées à l'ère de la réduction de la pauvreté seront maintenues. Les responsables se sont engagés à soutenir le développement industriel dans les régions moins développées et à maintenir un soutien à travers l'ensemble de la société.

M. Hong a déclaré lors de la conférence de presse que l'assistance de suivi, dont l'ampleur est sans précédent dans le monde, était de la plus haute importance parmi les 9,6 millions de résidents ruraux pauvres qui ont quitté les hameaux isolés entre 2016 et l'année dernière.

Davantage de formations professionnelles seront mises en place pour ces personnes, et des efforts seront faits pour développer des industries locales capables de créer des emplois qui correspondent à la démographie locale ainsi que de stimuler les services communautaires, a-t-il affirmé.

« Nous travaillerons pour renforcer le sentiment d'appartenance et de bonheur parmi ces personnes qui ont quitté leurs hameaux isolés », a-t-il ajouté.