Un rapport exclusif du magazine américain Foreign Policy révèle que le Bureau du conseiller juridique du département d’Etat des Etats-Unis a conclu après analyse, qu’il n’y avait pas de preuve suffisante prouvant l’existence d’un soi-disant « génocide » dans la région autonome ouïgoure de Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine. Selon les analystes chinois, il s’agit là d’une nouvelle démonstration que les accusations de « génocide » sont politiquement motivées et infondées: même le Département d’Etat des Etats-Unis lui-même est incapable de présenter une base légale pour cette décision.

Toutefois, il est encore trop tôt pour savoir dans quelle mesure cette analyse par le Bureau du conseiller juridique influencera la décision du secrétaire d’Etat Antony Blinken ou les mesures de l’administration Biden concernant le Xinjiang, soulignent les analystes, qui estiment que les Etats-Unis n’arrêteront pas pour autant d’utiliser les questions liées au Xinjiang pour tenter de « contenir » la Chine.

Le 19 janvier, un jour avant la fin du mandat présidentiel de Donald Trump, le Département d’Etat des Etats-Unis avait publié un communiqué sur la « détermination » de l’ancien secrétaire d’Etat Mike Pompeo vis-à-vis des « atrocités au Xinjiang », indiquant que ce dernier estimait qu’un « génocide » était en cours dans la région.

D’après le rapport du magazine Foreign Policy publié vendredi dernier, une analyse du Département d’Etat réalisée au cours des dernières semaines de l’administration Trump sur la conduite de la Chine au Xinjiang opposerait les juristes du Département aux partisans des accusations de génocide. « La conclusion actuelle des juristes du Département d’Etat ne constitue pas un jugement selon lequel un génocide n’a pas eu lieu au Xinjiang, mais il reflète les difficultés de prouver celui-ci », souligne le rapport.

D’après Jia Chunyang, un expert de l’Institut chinois des relations internationales contemporaines (CICIR), cette décision de « qualification d’un génocide » se trouve entre les mains du Département d’Etat et Antony Blinken pourrait tout simplement ignorer l’analyse du Bureau du conseiller juridique.

La décision du secrétaire d’Etat de confirmer ou non les accusations de son prédécesseur se basera sur sa propre lecture de la convention, pas sur les conclusions du Département. Selon un officiel anonyme cité par le magazine Foreign Policy, le secrétaire d’Etat — qu’il s’agisse de Pompeo ou Blinken— dispose de l’autorité ultime pour établir un verdict final, quelles que soient les recommandations des juristes du Département.

Antony Blinken, le successeur de Mike Pompeo, a déclaré le 19 janvier que Donald Trump avait eu « raison » d’adopter « une approche plus dure face à la Chine ».

Il est clair que les accusations de génocide constituent une diffamation politique infondée, mais celles-ci reflètent le ton de la ligne stratégique dure adoptée par l’administration Biden vis-à-vis de la Chine sur les affaires liées au Xinjiang, explique Jia Chunyang. L’expert ajoute qu’après ses déclarations, Antony Blinken pourra difficilement faire marche arrière, s’il ne veut pas courir le risque d’être critiqué pour son manque de cohérence et de fiabilité.

Il estime également qu’avec ou sans la décision du Département d’Etat, les politiciens américains antichinois ne cesseront pas de présenter au Congrès des lois liées au Xinjiang, afin de contenir la Chine.

Lü Xiang, un expert en études américaines de l’Académie des sciences sociales de Chine (ASSC) à Beijing, note que l’administration Biden continue d’évaluer la situation, avant de formuler ses mesures dans différents domaines.

D’après lui, les Etats-Unis font face à un dilemme: ils souhaitent contenir la Chine mais n’en ont pas les moyens, étant donné le nombre de crises intérieures auxquelles ils sont confrontés.

Pour les observateurs, l’administration Biden ne devrait globalement pas être radicale dans sa politique extérieure et les actions détaillées dans différents domaines sont toujours en cours d’élaboration. Les Etats-Unis devraient donc continuer à jouer la « carte du Xinjiang », la question est de savoir comment…