Jeudi, les experts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) prendront un vol à Singapour pour se rendre en Chine, afin de travailler avec les experts chinois pour enquêter sur l’origine du nouveau coronavirus, a indiqué mardi le ministère chinois des Affaires étrangères.

Cette visite, qui survient alors que la Chine fait face à une pression considérable du fait des cas de Covid-19 importés et d’une résurgence du virus sur son territoire, montre que le pays reste engagé à apporter sa contribution dans la lutte mondiale contre la pandémie avec une attitude transparente et responsable, ainsi qu’un esprit de respect pour la science.

L’annonce de mardi est une nouvelle gifle pour certains politiciens, comme le secrétaire d’Etat des Etats-Unis Mike Pompeo, qui persistent à accuser la Chine de cacher des informations sur l’épidémie et utilisent toutes les opportunités pour l’attaquer. De telles tentatives sont particulièrement nombreuses en amont de la visite des experts de l’OMS.

Mardi matin, Mike Pompeo a déclaré sur Twitter que l’OMS était « corrompue par l’influence de la Chine », dont elle était « à la solde », ajoutant que les enquêteurs de l’OMS n’avaient « toujours pas accès à Wuhan ». Ce coup d’éclat médiatique est apparu bien mal avisé, alors que l’OMS avait annoncé en décembre qu’une équipe internationale de dix scientifiques se rendrait dans la capitale du Hubei au mois de janvier pour enquêter sur les origines du Covid-19.

Le ministère chinois des Affaires étrangères a réaffirmé qu’il n’avait jamais opposé d’entraves à la venue de l’équipe de l’OMS. L’année dernière, la Chine a déjà invité par deux fois les experts de l’OMS, en février puis en juin, malgré un travail de prévention et de contrôle épidémique de grande ampleur sur son territoire. Les experts chinois et internationaux ont également eu quatre échanges en visioconférence entre octobre et décembre dernier, note le ministère.

Une autre accusation en amont de la visite des experts de l’OMS a été celle du journal The Mail affilié au Daily Mail, selon lequel des centaines de pages d’informations liées aux études effectuées par l’Institut « top secret » de virologie de Wuhan auraient été supprimées par la Fondation nationale des sciences naturelles de Chine (FNSNC): « Les détails de plus de 300 études, incluant de nombreuses enquêtes sur des maladies se transmettant des animaux aux humains, publiées en ligne par la FNSNC, ne sont plus disponibles. La suppression de preuves capitales a ravivé les craintes sur la tentative par la Chine d’entraver l’enquête sur les origines du virus », affirme le journal.

Des accusations aussi confuses sont inadmissibles. La FNSNC est responsable de la direction et de la coordination du fonds national des sciences naturelles pour soutenir la recherche fondamentale, ainsi que de l’identification et du développement des talents scientifiques. Elle est également responsable de promouvoir la coopération internationale, mais elle n’est en aucun cas impliquée directement dans quelque étude scientifique que ce soit.

Pour les experts chinois, la détermination de l’origine du coronavirus est une question scientifique, qui ne devrait pas être politisée, et les théories du complot devraient être évitées. L’objectif de l’équipe de l’OMS est de réaliser des échanges scientifiques avec les experts médicaux chinois et non de « passer en revue » ou d’« enquêter » sur la Chine.

« Il n’y a aucun problème à ce que les experts de l’OMS viennent à Wuhan, car nous voulons nous aussi savoir d’où provient ce virus et quelle en a été la source. Toutefois, cette enquête devrait également être réalisée dans d’autres pays − notamment aux Etats-Unis, où plusieurs types du virus ont été identifiés − afin d’obtenir des résultats plus précis », fait remarquer Yang Zhanqiu, le directeur adjoint du Département de biologie pathogénique de l’Université de Wuhan.

Tout ce bruit pour détourner l’attention de la population ne couvrira pas le fait que le coronavirus est potentiellement apparu dans d’autres pays avant d’être détecté à Wuhan et que des enquêtes devraient être réalisées dans ces lieux le plus rapidement possible.

Selon les dernières découvertes, une femme aurait été testée positive au nouveau coronavirus dès novembre 2019 à Milan en Italie, ce qui fait d’elle la première personne touchée par le coronavirus connue à ce jour, indiquaient lundi des médias locaux, citant un chercheur en dermatologie de l’Université de Milan. Ce dernier estime que cette femme pourrait être la « patiente dermatologique zéro pour l’Italie ».