Alors que la reprise économique s’accélère, l’inflation de l’Indice des prix à la production (IPP) − qui correspondent aux prix « départ usine » − en Chine devrait bientôt redevenir positive, après une chute en décembre à son niveau le plus bas de ces 11 derniers mois.

L’IPP n’a cessé de baisser au cours des 11 derniers mois pour atteindre au mois de décembre son niveau le plus faible, à 0,4 % en glissement annuel, contre un déclin de 1,5 % le mois précédent, a indiqué lundi le Bureau national des statistiques (BNS). Le mois dernier, l’indice a cependant enregistré une croissance de 1,1 % en glissement mensuel, son niveau de croissance le plus rapide de ces 4 dernières années, et il a augmenté de 0,6 point de pourcentage par rapport au mois de novembre.

« La reprise stable de la demande intérieure et la hausse constante des prix des produits de base sur le plan international ont continué à pousser les prix des produits industriels à la hausse », explique Dong Lijuan, un statisticien du BNS, citant la hausse des prix du pétrole, du minerai de fer et des métaux non ferreux.

« L’IPP devrait terminer dès ce mois-ci sa tendance de croissance négative, qui dure depuis près d’un an, alors que le déploiement du vaccin contre le Covid-19 consolide les attentes d’une reprise mondiale et pousse les prix des produits de base à la hausse », remarque pour sa part Wu Chaoming, économiste en chef au sein de la Chasing Securities. Selon lui, la hausse de l’IPP pourrait engendrer un renforcement de la reprise des profits industriels et la pression inflationnaire des prix des produits de base en Chine devrait être contrôlable cette année, tandis qu’une reprise complète de la production mondiale reste peu probable.

Les prix en sortie d’usine ont enregistré une reprise progressive depuis la chute de 3,7 % enregistrée au mois de mai dernier, abaissant l’IPP pour l’ensemble de l’année de 1,8 % en glissement annuel.

L’Indice des prix à la consommation (IPC), qui mesure l’inflation pour les consommateurs, devrait probablement augmenter cette année, alors que la demande continue de se stabiliser, notamment pour les produits non alimentaires et les services. Cette hausse devrait toutefois être plus légère que celle de l’IPP du fait d’une base élevé des prix du porc.

L’IPC a augmenté de 0,2 % en glissement annuel au mois de décembre, contre une baisse de 0,5 % en novembre, dans un contexte de reprise de la demande des consommateurs, de temps froid qui a poussé les prix des produits alimentaires à la hausse, et de coûts de production croissants, a annoncé le BNS. L’IPC a augmenté de 2,5 % en 2020 par rapport à l’année précédente, restant dans l’objectif fixé autour de 3,5 % par le gouvernement, note le Bureau.

Ce mois-ci, la croissance de l’IPC pourrait atteindre son niveau le plus bas à -0,1 % en glissement annuel, avant de connaître une hausse progressive à environ 1,6 % vers la fin de l’année avec la reprise de la demande, prévoient les économistes de la holding financière japonaise Nomura. La croissance négative temporaire de l’IPC ne laisse pas présager une déflation, car celle-ci est principalement le fait des prix du porc. La croissance l’IPC de référence, qui exclut les prix plus volatiles des produits alimentaires et de l’énergie, devrait atteindre 1,1 % pour 2021 dans un contexte de reprise économique stable, affirment les économistes de Nomura.

Le mois dernier, l’IPC de référence a augmenté de 0,4 % en glissement annuel, en baisse par rapport aux 0,5 % du mois de novembre, précise le BNS.

La légère inflation prévue pour 2021 ne devrait pas engendrer de changements majeurs dans la politique monétaire, souligne une note de recherche de la société Guotai Junan Securities. Néanmoins, certains experts mettent en garde contre le risque d’une hausse surprise de l’inflation, due notamment à une hausse des prix des produits de base, qui pourrait faire augmenter les coûts pour les fabricants en aval.

« Même si une base élevée des prix du porc et la restauration de l’approvisionnement en porc devraient engendrer une baisse de la pression sur l’IPC, les autres facteurs indiquent tous le contraire », affirme Lynda Zhou, responsables des investissements boursiers en Chine de Fidelity International, une société de gestion mondiale d’actifs. Ces facteurs incluent une reprise de la demande mondiale, des investissements insuffisants dans la production des produits de base, la tendance des leaders de l’industrie à augmenter les prix et la hausse des loyers.

D’après le groupe média Caixin, une enquête publiée récemment montre que la hausse des prix des produits de base avait fait augmenter la pression des coûts pour les fabricants chinois et engendré une hésitation dans les décisions d’embauche au mois de décembre.