L’Union européenne doit prendre une décision ferme et ne pas attendre une nouvelle orientation politique de la part du gouvernement américain, si elle veut promouvoir la finalisation du Traité bilatéral d’investissement (TBI) Chine-UE d’ici la fin de l’année.

Alors que la Chine et l’UE se sont engagées et semblent être enclines à conclure d’ici la fin de l’année cet accord d’investissement majeur, lequel ouvrirait de façon substantielle leurs marchés d’investissement réciproques, il reste encore quelques points de désaccord concernant notamment l’accès au marché.

« Nous restons engagés − comme en ont convenu nos dirigeants − à combler les lacunes restantes d’ici la fin de cette année. Comme nos dirigeants l’ont noté, un engagement politique de haut niveau sera nécessaire au sein du système chinois pour accomplir un accord significatif », expliquait jeudi Nicolas Chapuis, qui dirige la délégation de l’Union Européenne à Beijing, ajoutant que les négociations en étaient désormais à une « étape avancée ». M. Chapuis n’a cependant pas élaboré sur ce qu’impliquerait un « engagement politique de haut niveau » au sein du système chinois.

Au cours du Sommet Chine-UE qui s’est déroulé au mois de septembre, les dirigeants chinois et européens ont indiqué que les deux parties accéléreraient et achèveraient les négociations d’ici la fin de l’année. Toutefois, la Chambre européenne de commerce en Chine a fait savoir mercredi dans un communiqué, que la conclusion favorable d’un accord sur le TBI « dépend de la Chine, qui doit proposer des offres plus fortes d’accès au marché et de développement durable, pouvant être acceptées par l’UE ».

Cui Hongjian, le directeur du Département d’études européennes de l’Institut des études internationales de Chine, considère que la balle est en réalité dans le camp européen pour la finalisation d’un accord. Alors que Bruxelles semble exiger que les négociations « suivent entièrement ses normes et ses voies », la Chine est favorable à des compromis mutuels et à un accord trouvé le plus rapidement possible.

« Les négociations ne peuvent pas se baser entièrement sur les exigences d’une seule partie. Le problème principal ne réside pas dans la partie chinoise, mais dépend plutôt de la volonté dont l’UE doit faire preuve pour que [cet accord] se réalise », souligne-t-il.

D’après lui, l’UE pense que les propositions de la Chine en matière d’accès au marché, de protection des travailleurs et de protection de l’environnement ne sont pas suffisantes, alors que la Chine estime qu’elle ne devrait être la seule à faire des compromis.

La géopolitique pourrait également jouer un rôle dans la réticence de l’UE à faire des compromis. Les responsables européens semblent en effet attendre l’arrivée d’une nouvelle administration américaine au mois de janvier, qui leur permettrait de rebâtir ses relations avec des alliés dans les questions liées à la Chine, afin de gagner en pouvoir de négociation sur le TBI, suggèrent les experts chinois.

Pour Cui Hongjian, « une telle mentalité ne va pas aider l’UE à conclure un accord sur le TBI ».