Dans un contexte de résurgence mondiale du COVID-19, et face à l'approche de l'hiver qui devrait augmenter la fréquence des maladies respiratoires ainsi qu’à un récent foyer d’infection à Qingdao, Beijing a intensifié la gestion des arrivées de l'étranger et a amélioré ses capacités de test afin de faire face au risque d’une seconde vague.

Lors d'une conférence de presse sur la lutte contre l'épidémie tenue mercredi, des responsables de Beijing ont annoncé une gestion stricte des arrivées internationales dans la capitale, comprenant trois tests - avant le départ, aux douanes chinoises et après la fin d'une période de quarantaine. Quelque 34 hôtels ont été ouverts pour accueillir les quarantaines des personnes qui sont entrées dans la capitale après le 3 septembre, date à laquelle la ville a repris certains vols internationaux.

Les responsables de la ville ont également averti les résidents de ne pas voyager en dehors de la Chine et ont promis d'empêcher strictement les passagers de pays tiers d'effectuer des transferts depuis d'autres endroits vers Beijing. L'accent sera également mis sur l'amélioration de la surveillance et de la désinfection des aliments congelés importés.

Le risque d'une nouvelle épidémie de grande ampleur est faible à Beijing, car la ville est en état d'alerte et est encore plus prudente à l'approche de l'hiver, a affirmé jeudi Wang Peiyu, directeur adjoint de la Faculté de santé publique de l'Université de Pékin.

Des experts ont noté que des précautions strictes contre les infections importées étaient vitales car la résurgence internationale du COVID-19 et la fréquence élevée de maladies respiratoires en hiver pouvaient constituer un danger pour la métropole.

L'Europe, qui avait contenu le coronavirus ces derniers mois, fait face à une nouvelle flambée d'infections, avec en moyenne plus de 100 000 cas par jour, remplissant les lits d'hôpitaux et faisant grimper le nombre de morts.

Outre la menace que représentent les infections importées, un récent foyer d’infection à Qingdao, dans la province du Shandong (est), a également alerté Beijing, qui a retracé cinq contacts étroits et 15 contacts secondaires liés à des patients de Qingdao.

Une employée communautaire d'un complexe résidentiel du district pékinois de Chaoyang a déclaré jeudi au Global Times qu'après l’apparition du foyer d’infection à Qingdao, il avait été demandé au complexe d’accorder une plus grande attention aux personnes revenant d'autres villes.

« Mais j'ai senti que le public savait comment gérer cette nouvelle normalité, faire ses courses et faire des exercices comme d'habitude », a ajouté l’employée. Les gens avaient enlevé leurs masques à l'extérieur, mais beaucoup en portent à nouveau depuis l'épidémie à Qingdao, a-t-elle indiqué, précisant que la baisse soudaine de la température était une autre raison à cela.

Beijing augmentera sa capacité de test d'acides nucléiques à 600 000 par jour d'ici la fin novembre, soit le triple de la capacité dont elle disposait à la mi-juin, lorsque la capitale avait découvert le foyer d’infection au marché de Xinfadi.

Les grands hôpitaux et les CDC (Centres de prévention et de contrôle des maladies) de district seront équipés d'outils de test rapide pouvant donner un résultat en 30 minutes. Des véhicules d'essai ont également été déployés dans des districts tels que Chaoyang, Yanqing et Tongzhou, ont indiqué des responsables de la ville.

Bien que les 229 laboratoires de test existants de la capitale, qui peuvent traiter plus de 520 000 échantillons par jour, ne fonctionnent pas à plein régime la plupart du temps, ils seront très importants en cas d'infection dans cette ville très peuplée, a déclaré Wang Peiyu.

Les tests différencieront également les patients fiévreux touchés par le COVID-19 et ceux qui n’ont que la grippe ou d'autres maladies, ce qui sera très utile en hiver où les cas de grippe augmentent, a poursuivi M. Wang.

La ville a mis en place 480 sites de vaccination contre la grippe et les habitants peuvent se faire vacciner à leurs frais. Les écoliers et certains autres groupes sensibles doivent se faire vacciner contre la grippe. Ces mesures visent à éviter une double épidémie de grippe et de COVID-19 à l'arrivée de l'hiver.

Beijing a également formé une équipe d'enquête épidémiologique de 3600 personnes pour garantir un suivi clair et efficace en cas d'infection.