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Des gens font la queue pour acheter des plats à emporter dans un restaurant de Hong Kong (sud de la Chine), le 29 juillet 2020. Des mesures de distanciation sociale plus strictes sont entrées en vigueur le 29 juillet à Hong Kong. Les services de restauration à l’intérieur des restaurants sont désormais interdits. (Lo Ping Fai / Xinhua)

Le gouvernement central chinois va envoyer du personnel de test en provenance de la partie continentale du pays à Hong Kong pour aider à étendre les tests d'acide nucléique et aider la ville à construire des centres de quarantaine et de traitement temporaires pour contenir le COVID-19, a annoncé le 31 juillet le Bureau des affaires de Hong Kong et de Macao du Conseil des affaires d'État, le gouvernement chinois.

Le bureau a indiqué que la décision avait été prise sur la base d'une demande du gouvernement de la Région administrative spéciale de Hong Kong (RASHK), et elle intervient alors que l'épidémie de coronavirus à Hong Kong s'est aggravée depuis début juillet, conduisant au report des élections au Conseil législatif (LegCo) à septembre 2021.

Selon le Bureau, prendre des mesures strictes et efficaces pour contrôler la propagation du virus dès que possible est devenu la tâche la plus importante et la plus urgente pour Hong Kong.

Hong Kong connaît son pire pic de COVID-19 depuis janvier, a déclaré le 31 juillet la cheffe de l’exécutif de Hong Kong, Carrie Lam : les nouveaux cas quotidiens de COVID-19 à Hong Kong ont atteint plus de 100 pour le 10e jour consécutif vendredi, avec 121 cas. Parmi eux, 118 ont été transmis localement. La veille 30 juillet, la ville avait signalé un record de 149 cas confirmés en une seule journée.

De nombreux habitants de Hong Kong demandent l'aide du gouvernement central pour contenir la propagation du virus depuis deux semaines.

Stanley Ng Chau-pei, le président de la Fédération des syndicats de Hong Kong, a ainsi proposé dès le 10 juillet que le gouvernement de Hong Kong prélève des échantillons et les envoie sur la partie continentale de la Chine pour des tests, ou que celle-ci envoie des équipes médicales à Hong Kong pour que la ville reçoive des tests complets.

Hung Kam-in, membre du conseil de district de Kwun Tong à Hong Kong et bénévole pour une communauté de district locale qui a appelé le gouvernement de Hong Kong à inviter des instituts de test d'acide nucléique et des ressources médicales de la partie continentale de la Chine, a de son côté déclaré au Global Times le 31 juillet que de plus en plus de résidents de Hong Kong demandent au gouvernement d’effectuer des tests dans toute la ville cette semaine, notant que 22 cliniques ayant chacune une capacité de 110 tests COVID-19 chaque jour sont loin d'être suffisantes.

L'une des expériences de la partie continentale de la Chine pour contenir le virus consiste à étendre le dépistage actif, car la moitié des patients de la nouvelle flambée d'épidémie de coronavirus de Beijing en juin ont été découverts grâce à des tests d'acides nucléiques actifs, a déclaré le 31 juillet au Global Times Wang Guangfa, un expert en maladies respiratoires du Premier hôpital de la Peking University.

« Nous n'avons pas assez de personnel médical pour prélever des échantillons dans ces cliniques, donc de nombreux résidents doivent emporter un contenant d'échantillons chez eux, y collecter leur salive et le renvoyer pour des tests », a expliqué M. Hung, notant que la collecte d'échantillons non professionnelle risque de conduire à des erreurs de résultats. De plus, a-t-il ajouté, les frais de test élevés, compris entre 900 et 2 000 dollars HK (98-219 euros), constituent également un fardeau pour certains groupes à faibles revenus. Il estime en conséquence que l'introduction d'éventuels kits de test et de personnel de test en provenance de la partie continentale de la Chine devrait réduire les coûts de test et améliorer également leur précision.

BGI Group, basé à Shenzhen, a déjà commencé les tests d'acides nucléiques à Hong Kong, et le directeur du laboratoire de génétique de BGI à Hong Kong a déclaré que le laboratoire effectuait 5 000 tests par jour dans le laboratoire de l'entreprise à Tai Po, ont rapporté les médias de Hong Kong.

Mais, outre le nombre insuffisant de tests, Hong Kong manque également de lits d'hôpitaux. Un responsable des autorités hospitalières a ainsi déclaré le 31 juillet que 100 patients confirmés attendaient d'être admis. De son côté, M. Hung a indiqué qu'un patient de la communauté où il travaille a attendu chez lui pendant quatre ou cinq jours et que d'autres résidents de la communauté étaient très inquiets des risques d'infection.

La semaine dernière, Hong Kong a activé un centre de quarantaine communautaire converti à partir d’un centre de villégiature pour les patients atteints du COVID-19 au parc Lei Yue Mun et au village de vacances de Chai Wan, également connu sous le nom d'hôpital de fortune de Hong Kong. Le journal Sing Tao Daily a quant à lui rapporté rapporté que Hong Kong prévoyait de construire un autre hôpital de fortune à Asia World Expo, qui devrait offrir 1 000 lits.