La Chine devrait accélérer et lancer les essais cliniques de phase 3 des vaccins contre le nouveau coronavirus (COVID-19) et recruter davantage de travailleurs de la santé qui ont lutté en première ligne contre le virus en tant que candidats prioritaires pour ces expériences, a déclaré Zhang Boli, un expert-consultant de premier plan dans la lutte contre l'épidémie de COVID-19 dans la province du Hubei (centre).

M. Zhang, qui est député de l'Assemblée populaire nationale (APN) et également académicien à l'Académie chinoise d'ingénierie, a indiqué qu'un vaccin serait une mesure efficace pour contenir et même éviter de futures épidémies.

Il a fait savoir aux médias qu'il soumettrait une proposition liée au développement d'un vaccin lors des deux sessions de cette année.

La Chine devrait accélérer la mise au point d'un vaccin contre le COVID-19, sous réserve de suivre strictement les procédures d'examen et de garantir la qualité, et devrait lancer les essais cliniques de phase 3 dès que possible. La recherche et les expériences doivent être combinées avec un travail concret de lutte contre l’épidémie, a avancé M. Zhang.

La phase 1 d’un essai sert à évaluer l'innocuité et les niveaux d'immunité produits par un vaccin, tandis que les phases 2 et 3 évaluent son efficacité.

Les personnes qui travaillaient auparavant sur le front de la lutte contre le COVID-19, telles que les agents de la sécurité publique, le personnel des douanes et les travailleurs de la santé, seraient prioritaires lors du recrutement de candidats pour les essais de phase 3, a noté M. Zhang.

Les essais cliniques de phase 3 peuvent être utilisés pour explorer la prochaine étape de la prévention et du contrôle de l’épidémie de manière précise, scientifique et efficace. Quelques ports frontaliers peuvent également être utilisés pour simuler la prévention et le contrôle d'une épidémie, a-t-il ajouté.

Donner la priorité aux travailleurs en première ligne, qui étaient fréquemment en contact avec des patients atteints du COVID-19, dans les essais cliniques de vaccins leur offrirait une protection immunitaire rapide contre le virus mortel, a affirmé jeudi un expert en immunologie à Beijing.

Un officier de police d'une ville frontalière du nord de la Chine a déclaré au Global Times qu'en tant que fonctionnaire, il aimerait participer aux essais cliniques. « Malgré les risques, je voudrais apporter une contribution personnelle à la recherche et au développement de vaccins. Quelqu'un doit se dévouer à cela », a indiqué le policier anonyme.

Zhang Boli a également avancé que les vaccins pouvaient être administrés à d'éventuels contacts étroits des cas confirmés et aux Chinois de retour de zones à haut risque avant et après leur retour en Chine.

Dans les essais cliniques de phase 3, la Chine peut également recruter des sujets appropriés, ou mener des essais cliniques à l’étranger. « Le lancement d'essais cliniques sur des Chinois de l’étranger est important pour empêcher l'épidémie de se propager en Chine », a affirmé M. Zhang.

Des experts ont déclaré que l'idée serait utile pour l’entrée de vaccins chinois dans d'autres pays et régions, sous réserve que la Chine puisse surmonter les obstacles potentiels tels que les différends juridiques. La conduite d'essais cliniques humains à l'étranger doit être effectuée avec l'approbation des administrations locales de contrôle des denrées alimentaires et des médicaments.

Cinq vaccins candidats ont été approuvés par l’Administration chinoise de contrôle des denrées alimentaires et des médicaments pour des essais cliniques, et ces derniers n'ont jusqu'à présent signalé aucun effet indésirable majeur. Zeng Yixin, directeur adjoint de la Commission nationale de la santé, a déclaré lors d'une conférence de presse le 15 mai que si tout se déroulait comme prévu, ces vaccins candidats achèveraient les essais cliniques de phase 2 en juillet.

Des experts chinois ont prédit qu'un vaccin efficace contre le coronavirus pourrait être administré à l'homme dès mars 2021.