19 mai 2020 : la cheffe de l’exécutif de Hong Kong, Carrie Lam Cheng Yuet-ngor, lors d’une conférence de presse au siège du gouvernement de la Région administrative spéciale.

La cheffe de l’exécutif de la région administrative spéciale (RAS) de Hong Kong, Carrie Lam Cheng Yuet-ngor, a déclaré mardi dernier qu’il était « décevant » que la ville ne soit pas parvenue à réaliser son devoir constitutionnel d’appliquer la Loi sur la sécurité nationale stipulée dans l’article 23 de la Loi fondamentale depuis sa rétrocession à la mère-patrie il y a près de 23 ans.

Carrie Lam a fait cette remarque aux journalistes en amont de la rencontre hebdomadaire du Conseil exécutif. Selon elle, il est compréhensible que cette loi fasse l’objet d’attentes après les manifestations violentes − confinant au terrorisme − qui ont éclaté l’année dernière à Hong Kong.

Un rapport récent du Conseil indépendant d’investigation des plaintes contre la police a indiqué que la ville avait été entraînée dans « une ère de terrorisme » par ces manifestations souvent violentes.

D’après l’article 23 de la Loi fondamentale, la RAS peut promulguer des lois par elle-même pour interdire tout acte mettant en danger la sécurité nationale, incluant les actes de trahison, sécession, sédition ou subversion.

Ip Kwok-him, un député de l’Assemblée populaire nationale (APN) et membre du Conseil exécutif hongkongais, a appelé le gouvernement de la RAS à aller de l’avant et à promulguer la législation, plutôt que d’attendre « une réelle opportunité ».

« Le gouvernement central a témoigné de sa confiance envers Hong Kong, lorsqu’il a autorisé la ville à appliquer par elle-même la Loi sur la sécurité nationale. Tous les Hongkongais devraient chérir leurs droits civils et s’acquitter de leurs responsabilités », a-t-il insisté.

Pour Ip Kwok-him, la violence déclenchée par le projet de loi aujourd’hui retiré sur les extraditions montre que les forces séparatistes et certaines forces étrangères ont pris des « mesures actives » pour atteindre leurs objectifs politiques.

« Sans la base légale pour appliquer la Loi sur la sécurité nationale, les mains du gouvernement hongkongais seraient liées face au contrôle de la situation et cette faille finirait par nuire aux intérêts à long terme de Hong Kong », a-t-il expliqué.

Tam Yiu-chung, un membre du Comité permanent de l’APN, estime lui-aussi qu’il est « nécessaire » d’adopter une législation comme spécifiée dans l’article 23 de la Loi fondamentale. Selon lui, de nombreuses personnes à Hong Kong attendent cette législation, de façon à ce que la communauté puisse restaurer le calme et éviter les tentatives de subversion.

Il considère que si certains groupes politiquement motivés continuent de mettre à mal le principe « Un pays, deux systèmes », cela risque de saper la confiance du gouvernement central envers Hong Kong.

Carrie Lam a également exprimé sa déception sur une question d’histoire presque « séditieuse » demandée à l’examen d’entrée à l’université. Les étudiants devaient disserter sur la question « Le Japon a-t-il fait plus de bien que de mal à la Chine entre 1900 et 1945 ? », une période recouvrant l’invasion japonaise, qui a engendré des dizaines de millions de victimes.

Le Bureau de l’éducation a exigé que l’autorité en charge de l’examen invalide cette question.

Pour Carrie Lam, celle-ci reflète « une défaillance du professionnalisme ». Elle ajoute : « Si notre éducation est réalisée de façon incorrecte, les préjudices et les conséquences graves pourraient être inimaginables. »