Le monde a encore une chance de vaincre la pandémie

Le chef de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré mercredi que le monde avait gaspillé sa première fenêtre d'opportunité pour vaincre le COVID-19 au cours des deux derniers mois, ajoutant qu’il ne devait maintenant pas rater la seconde.

Le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a souligné que le monde avait déjà surmonté de nombreuses pandémies et crises auparavant et qu’il surmontera celle-ci également.

« La question est de savoir quel prix nous allons payer », a-t-il indiqué lors d'une conférence de presse vidéo à Genève.

M. Tedros a noté que le nombre de vies perdues sera déterminé par les décisions que les gens prennent et par leurs actions. Selon l'OMS, plus de 16000 personnes sont mortes à ce jour à cause du COVID-19.

Il a reconnu que les mesures sans précédent prises par de nombreux pays se sont traduites par des coûts sociaux et économiques importants, tels que la fermeture d'écoles et d'entreprises, l'annulation d'événements sportifs et des obligations de rester chez soi.

Certains de ces pays tentent actuellement d'évaluer quand et comment ils pourraient assouplir ces mesures. « La réponse dépend de ce que les pays font pendant que ces mesures à l'échelle de la population sont en place », a affirmé le chef de l'OMS.

La Chine, qui a obtenu un certain succès dans l’enrayement du virus, est en train d’assouplir les mesures dans de nombreuses villes, avec notamment la levée partielle du verrouillage de Wuhan le 8 avril. Parallèlement, le président américain Donald Trump a déclaré mardi qu'il souhaitait que le pays reprenne un cours normal d’ici Pâques, qui tombe cette année le 12 avril.

M. Tedros a réitéré que demander aux gens de rester chez eux et arrêter les mouvements de population permettait de gagner du temps et de réduire la pression sur les systèmes de santé, mais ces mesures ne suffiront pas à elles seules à vaincre l’épidémie.

« Nous appelons tous les pays qui ont introduit des mesures dites de “verrouillage” à utiliser ce temps pour attaquer le coronavirus », a-t-il déclaré. « Vous avez créé une deuxième fenêtre d'opportunité ».

Il a énuméré les mesures que les pays devraient prendre au cours de cette deuxième fenêtre d'opportunité, telles que l'expansion, la formation et le déploiement de personnels de santé; mettre en place un système de détection de chaque cas suspect au niveau communautaire; augmenter la production, la capacité et la disponibilité des tests; identifier, adapter et équiper des installations pour traiter et isoler les patients; élaborer un plan et un processus clairs pour mettre les contacts en quarantaine; et recentrer l’ensemble du gouvernement sur la suppression et le contrôle du COVID-19.

« Ces mesures sont le meilleur moyen de supprimer et d'arrêter la transmission, de sorte que lorsque les restrictions seront levées, le coronavirus ne réapparaîtra pas », a indiqué M. Tedros.

Il a averti que la dernière chose dont un pays avait besoin était d'ouvrir des écoles et des entreprises, pour être obligé de les fermer à nouveau en raison d'une résurgence.

« Des mesures agressives pour trouver, isoler, tester, traiter et retracer les cas ne sont pas seulement le meilleur moyen et le plus rapide de sortir des restrictions sociales et économiques extrêmes, elles sont aussi le meilleur moyen de les empêcher », a-t-il souligné.

« Je pense que nous avons gaspillé la première fenêtre d'opportunité », a déploré M. Tedros, se référant aux avertissements sévères et répétés de l'OMS au cours des deux derniers mois selon lesquels la fenêtre d'opportunité se rétrécissait. Il a souligné que les gens ne devraient maintenant pas gaspiller la deuxième fenêtre d'opportunité.

Les dirigeants des pays du G20, qui ont joué un rôle essentiel pendant la crise financière mondiale de 2008-2009, se réuniront pour une téléconférence jeudi afin de discuter de la réponse internationale à la crise du COVID-19.

La Chine, qui est en train de sortir de la pandémie de COVID-19 après avoir pris des mesures draconiennes au cours des deux derniers mois, a considérablement augmenté sa production de fournitures médicales pour le reste du monde.

La Chine a envoyé des équipes médicales dans des pays comme l'Italie et l'Espagne et a organisé une vingtaine de vidéoconférences auxquelles ont participé plus de 100 pays pour partager ses expériences.

Trip.com, un fournisseur chinois de services de voyage, a annoncé mercredi qu'il ferait don de 1 million de masques chirurgicaux à 10 pays dont l'Italie, la Corée du Sud, le Japon, les États-Unis, le Canada, l'Allemagne, la France, le Royaume-Uni, la Serbie et Australie.