Les incertitudes engendrées par l’épidémie de nouveau coronavirus aux Etats-Unis et dans le monde jettent une ombre sur les cultures de soja et la mise en œuvre de l’accord commercial de phase 1 entre la Chine et les Etats-Unis.

« La Chine veut appliquer cet accord, mais il y a une pression croissante », analyse Sang Baichuan, le directeur de l’Institut de commerce international affilié à l’Université de commerce international et d’économie de Beijing, qui est également conseiller commercial pour le gouvernement chinois.

« La Chine est parvenue à endiguer de manière effective l’épidémie, mais sa propagation aux Etats-Unis et dans d’autres pays exportateurs de soja, comme le Brésil, semble s’intensifier. Cette incertitude risque d’avoir un impact sur les importations chinoises », fait-t-il remarquer.

L’Argentine, le troisième plus grand exportateur de soja au monde, a annoncé un confinement national du 20 au 31 mars ; le Brésil, un exportateur majeur en produits alimentaires, pourrait lui aussi imposer bientôt un confinement ; et l’épidémie actuelle aux Etats-Unis a jeté une ombre sur le marché mondial de soja.

Jim Sutter, le PDG du Conseil américain des exportations de soja, précise que son groupe suit de près les développements du virus et évalue son impact potentiel sur la demande chinoise en soja américain : « Alors que nous approchons de la saison des récoltes, nous anticipons que les accords d’achat atteints dans l’accord commercial de phase 1 seront honorés », a-t-il souligné.

Jim Sutter explique que les Etats-Unis sont le premier exportateur de soja vers la Chine à l’automne, lorsque les agriculteurs américains font leurs récoltes. Toutefois, au cours de la fenêtre printemps-été, il reste de larges réserves de soja américain : « Il est important de noter que lorsque nous avons commencé l’année commerciale le 1er septembre 2019, nous avions un stock record de soja aux Etats-Unis du fait de la guerre commerciale. A l’heure actuelle, nous avons un bon niveau de stocks de soja aux Etats-Unis », fait-il valoir.

Selon lui, le problème de santé publique engendré par le COVID-19 s’ajoute à l’incertitude mondiale : « Chaque saison agricole est différente et chaque année apporte son lot de défis divers. Les agriculteurs ont dû faire face à un certain nombre de défis lors de la saison dernière, avec des inondations, un temps pluvieux et un marché volatile. »

D’après les analystes, l’impact du coronavirus sera plus important pour les exportateurs que pour les importateurs. Sang Baichuan estime que les réserves actuelles de soja en Chine devraient être capables de satisfaire la demande du marché pendant trois mois.