La devise chinoise a récemment subi une pression à la baisse, alors qu’un tarissement des financements en dollars US est en train de siphonner les marchés mondiaux de ses liquidités, affirment des analystes du marché. Toutefois, le taux de change du yuan devrait rester sous contrôle, l’endiguement effectif du virus en Chine permettant à l’économie chinoise de se stabiliser avant les autres économies mondiales.

Lundi, le taux journalier du yuan s’est renforcé de 112 points de base à 7,0940 pour 1 dollar US, ce qui constitue malgré tout son taux le plus bas depuis de nombreuses années. L’indice du dollar US a enregistré sa plus forte hausse hebdomadaire en 11 ans, frappant l’ensemble des principales devises en-dehors du dollar, explique l’entreprise China Lianhe Credit Rating Co (Lianhe Ratings).

Le 15 mars, la Réserve fédérale des Etats-Unis (la « Fed ») a annoncé une mesure d’urgence abaissant le taux cible des fonds fédéraux à presque 0 % et lancé un assouplissement quantitatif de près de 700 milliards de dollars. Cependant, une ruée sur les liquidités en dollars a engendré un stockage du billet vert, faisant passer l’indice du dollar US à 103 la semaine dernière, son niveau le plus élevé depuis plus de trois ans.

Le yuan, en autres devises d’urgence, en a subi le contrecoup, avec une chute du yuan à la fois offshore et onshore à des niveaux jamais vus depuis l’année dernière.

« Avec l’épidémie de coronavirus en Chine étant la première endiguée au niveau mondiale, l’économie chinoise devrait se stabiliser avant ses pairs mondiaux. C’est la raison pour laquelle les fondamentaux pour la stabilité du yuan ne faibliront pas », assure l’agence Lianhe Ratings.

Les fondamentaux de l’économie chinoise posent les bases pour que sa devise reste stable, analyse Bai Ming, le directeur adjoint de l’Institut d’étude de marché international affilié au ministère du Commerce.

Les peurs concernant l’impact majeur du virus sur les activités des entreprises contribuent au sentiment drastique de limitation des risques, « entraînant la réévaluation du cours des actions, des matières premières, des obligations et des devises », précise une note de Moody’s.

« La stabilisation du nombre de nouvelles infections en Chine va permettre une normalisation de l’activité économique sur le deuxième trimestre », affirme l’agence de notation, qui s’attend à une reprise économique au deuxième trimestre « avec une reprise de la production manufacturière plus rapide que celle de l’activité dans le secteur des services ».

Lundi, la Commission nationale de la Santé a annoncé que 39 nouveaux cas confirmés avaient été enregistrés dimanche dans la partie continentale de la Chine, impliquant chacun des arrivées depuis l’étranger.

Un décompte de l’Université Johns Hopkins University montre que lundi soir à 18 h (heure de Beijing), le nombre total d’infections confirmées dans le monde atteignait les 341 722, avec les Etats-Unis devenant la troisième économie la plus affectée avec 35 224 cas.

Ces chiffres croissants ont nourri les craintes d’une récession américaine. Vendredi dernier, les économistes de Goldman Sachs ont prévu une contraction sans précédent de 24 % de l’économie américaine au deuxième trimestre, après une chute de 6 % au premier trimestre. La banque d’investissement s’attend à ce que l’économie américaine enregistre une contraction de 3,8 % sur une base moyenne annuelle.

D’après Bai Ming, les variations sur le marché des changes restent dépendantes de l’assouplissement des emprunts en dollars. La Chine dispose encore de mesures monétaires, comme la baisse des taux et des réserves obligatoires, pour stimuler son économie. Néanmoins, elle devrait vraisemblablement éviter de recourir à un « déluge » de mesures de relance.