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Un lot de matériel d’assistance médicale, donné par la Fondation Jack Ma et la Fondation Alibaba, est arrivé le 22 mars à Addis-Abeba, capitale éthiopienne. Quelque 54 pays africains bénéficieront de ces ressources médicales dans leur lutte contre l’épidémie de COVID-19. (Photo: Wang Shoubao/Xinhua)

Des experts africains et des médecins chinois qui fournissent de l'aide sur le continent ont appelé à davantage d'efforts de prévention contre le COVID-19 et à une coopération sino-africaine plus étroite, compte tenu de la gravité de la pandémie et de la vulnérabilité des systèmes médicaux dans plusieurs pays africains.

Lundi, 1396 cas de COVID-19 avaient été confirmés dans 43 pays sur le continent africain. Parallèlement, la partie continentale de la Chine n'avait signalé aucun nouveau cas local et seulement 39 cas importés, portant son nombre total d'infections confirmées à 81 093.

Le nombre total de cas confirmés de COVID-19 dans le monde, outre la Chine, a atteint 223 659 personnes lundi, avec un bilan de 11 426 morts.

Bien que le virus n'ait pas frappé l'Afrique aussi durement que l’Europe, les ressortissants chinois travaillant sur le continent et les experts africains ont mis en garde contre ses défis potentiels.

De nombreux résidents n'ont pas suivi les méthodes de prévention contre le COVID-19. Peu de gens portent des masques, et les conditions de vie inférieures aux normes font qu'il est difficile pour les résidents de se laver les mains régulièrement, a indiqué au Global Times un ressortissant chinois du nom de Dai, qui travaille au Mozambique.

M. Dai est revenu au Mozambique la semaine dernière, et après avoir atterri a reçu un appel téléphonique du gouvernement local pour recueillir ses informations.

« J'ai subi un bilan de santé avant de monter dans l'avion et de décoller. A l'exception des Chinois et des locaux qui travaillent pour des entreprises chinoises, très peu de gens portent des masques », a noté M. Dai.

L'expert en relations Chine-Afrique Cliff Mboya, qui est basé à Nairobi, a déclaré au Global Times : « Il y a encore très peu de compréhension du virus au Kenya. Le gouvernement a mobilisé les médias, les gouvernements régionaux et les fournisseurs de services mobiles pour éduquer les Kenyans sur le virus, mais les habitants des zones rurales sont le plus souvent laissés pour compte, comme d'habitude ».

M. Mboya a souligné que le gouvernement kenyan avait interdit les rassemblements, les foules et avait fermé les églises, les bars et les restaurants, et avait également demandé à la police et à d'autres agences de sécurité d'aider à appliquer les interdictions.

« Je suppose que le gouvernement doit maintenant faire preuve de fermeté pour que les gens prennent ces mesures au sérieux, parce que les mesures précédentes n'étaient pas efficaces », a indiqué M. Mboya.

Selon lui, le continent doit faire face à l'épidémie d'un point de vue préventif, car « une fois l'épidémie devenue incontrôlable, il sera impossible pour la plupart des gouvernements africains de la gérer ».

De nombreux pays africains manquent de personnel, d'équipement, de médicaments, de lits de soins intensifs et de réservoirs d'oxygène, a expliqué l’expert.

Jing Bing, un médecin chinois originaire de la province du Shanxi et basé au Cameroun, s'est dit très inquiet car « il y a déjà 56 cas confirmés dans le pays, et ce nombre va augmenter rapidement ».

M. Jing et ses collègues portent des charlottes, des gants et des masques pour se protéger et des équipements de protection sont en route.

Les conditions médicales dans les pays africains sont mauvaises et les gens manquent de sensibilisation à la prévention. Beaucoup de gens ne portent pas de masques ou ne maintiennent pas de distance entre eux, ce qui n'est pas bon pour arrêter la transmission du virus, a déclaré M. Jing au Global Times.

Passer à l'action

Pour aider l'Afrique à lutter contre le virus, le gouvernement chinois, ainsi que diverses entreprises et particuliers du pays sont passés à l’action.

M. Mboya a indiqué que l'Afrique devrait coopérer et apprendre des expériences de la Chine et d'autres pays asiatiques sur la manière de lutter contre le coronavirus. « Des experts chinois, des citoyens ordinaires et des Kenyans en Chine partagent leurs expériences et informations pour aider à faire face à la situation ».

Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang, a déclaré lundi que la Chine prêtait une attention particulière à l'épidémie en Afrique et avait offert des fournitures, dont des kits de test, et des équipements de protection médicale, à divers pays africains et à l'Union africaine (UA). Certaines fournitures sont déjà arrivées en Afrique.

« La Chine a également rassemblé des experts pour organiser des vidéoconférences avec des experts africains sur le partage de l'expérience et la promotion du travail de prévention dans les pays africains [...] La Chine renforcera ses efforts pour aider les pays africains à lutter contre le virus ainsi que pour coordonner et promouvoir les entreprises chinoises et les ONG souhaitant offrir du soutien aux pays africains », a ajouté M. Geng.

Un avion cargo d'Ethiopian Airlines rempli de fournitures médicales données à l'Afrique par la Fondation Jack Ma et la Fondation Alibaba a quitté Guangzhou et a atterri dimanche à Addis-Abeba, en Éthiopie.

L'avion transportait 5,4 millions de masques, 1,08 million de kits de test, 40 000 vêtements de protection et 60 000 lunettes de protection. Les fournitures seront distribuées sur tout le continent, selon une déclaration envoyée au Global Times par Alibaba.

Joyce Chimbi, une journaliste kenyane, a déclaré au Global Times que la Chine fournissait également un soutien complet en matière de prévention et de contrôle à divers organes de l'UA, s’assurant que les informations diffusées sur le COVID-19 sont exactes et rassurantes pour éviter la panique.

Mme Chimbi a noté que les ambassades chinoises en Afrique avaient encouragé les millions de ressortissants chinois à travers le continent à coopérer avec les efforts locaux de prévention et de contrôle.

« Les pays africains sont vraiment passés à l'action et ne laissent rien au hasard. Ils ont tiré de grandes leçons de la Chine. Cette épidémie peut être maîtrisée. Lorsque la Chine a construit un système de santé ciblant le virus, cela a été très encourageant pour l'Afrique », a-t-elle affirmé.