Alors que la Chine doit faire face au nouveau coronavirus – désormais appelé COVID-19 – le Canada s'est engagé à fournir davantage d’aide.

Le premier ministre canadien Justin Trudeau a affirmé dimanche que le Canada se tient prêt au cas où la Chine demanderait plus d'aide. Il a déclaré que son pays avait déjà répondu à la demande de la Chine pour du matériel médical, y compris des masques chirurgicaux et d'autres équipements de protection, alors que le taux d'infection et le nombre de décès dus au virus continuent d'augmenter. « Nous allons continuer à travailler avec eux pour nous assurer qu'ils ont les ressources nécessaires pour contenir ce virus », a remarqué M. Trudeau lors d'une visite en Ethiopie. « Nous reconnaissons que c'est une période difficile et incertaine pour la Chine et pour la population du monde entier, mais en tant que communauté internationale, nous devons continuer à travailler ensemble, et nous sommes là pour aider. »

Pendant ce temps, une équipe d'experts internationaux constituée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) est partie dimanche pour Beijing afin d’aider à enquêter sur l'épidémie de COVID-19 en Chine. Bruce Aylward, un épidémiologiste canadien, dirigera l'équipe spéciale de l'OMS, qui travaille déjà avec les homologues chinois pour s'assurer qu'ils ont l’expertise nécessaire pour faire face à l'épidémie.

Alors que l'épidémie de COVID-19 s'est propagée dans le monde, plus de 460 cas ont été confirmés en dehors de la partie continentale de Chine, notamment sept cas au Canada, dont quatre en Colombie-Britannique et trois en Ontario.

Un communiqué publié par le ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement a fait savoir que le pays travaillait avec ses partenaires et les organisations internationales pour contrôler la propagation de la maladie. « C’est vital pour aider les personnes touchées et protéger la santé et la sécurité des personnes dans le monde », a indiqué ce communiqué.

Pour soutenir la réponse continue de la Chine à l'épidémie, le Canada a acheminé environ 16 tonnes métriques d'équipement de protection individuelle, à savoir des tenues, des écrans faciaux, des masques, des lunettes et des gants dans le pays depuis le 4 février, du matériel fourni en collaboration avec la Croix-Rouge canadienne et la Société de la Croix-Rouge de Chine.

« Nos pensées les plus sincères vont à tous ceux qui sont touchés par cette épidémie. Nous continuons de surveiller la situation et nous sommes prêts à fournir une aide supplémentaire en cas de besoin », a affirmé François-Philippe Champagne, ministre canadien des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement

« Le Canada est attristé par l'impact sur la population chinoise de l’épidémie de nouveau coronavirus, en particulier par la perte de vies humaines », a souligné Karina Gould, ministre canadienne du Développement international, ajoutant que les équipements de protection individuelle sont essentiels pour prévenir et limiter la propagation du virus.

Alors que certains pays ont annoncé d'importantes restrictions à l'entrée après le début de l’épidémie de COVID-19, le Canada a fait savoir ne pas se préparer à déclarer une urgence nationale.

L'ambassadeur du Canada en Chine, Dominic Barton, a salué les efforts de la Chine pour tenter de contenir l'épidémie, affirmant que la décision de verrouiller Wuhan et de suspendre temporairement les voyages pendant le Nouvel an chinois a contribué à empêcher la propagation du virus. « Je salue ce que la Chine fait pour essayer de contenir cela », a d’ailleurs déclaré M. Barton aux députés lors d'un comité spécial de la Chambre des communes sur les relations Canada-Chine mercredi dernier.

Le ministre canadien des Finances, Bill Morneau, a averti que l'épidémie allait « sans aucun doute » avoir des répercussions aussi bien sur l’économie canadienne que sur l’économie mondiale cette année. Même si le Canada ne puisse pas connaître l'impact économique en ce moment, a précisé M. Morneau, cela se fera sentir partout dans le pays et dans tous les secteurs, avec la diminution du tourisme, la baisse des prix du pétrole et les défis au niveau de la chaîne d'approvisionnement. « Certaines estimations suggèrent que l'épidémie pourrait entraîner une baisse d'environ 0,4 % de la production économique mondiale en 2020 », a-t-il noté.