WASHINGTON - Les États-Unis ont abandonné leur qualification de la Chine en tant que manipulateur de devises, selon un rapport du département du Trésor américain publié lundi.

Dans son « Rapport semestriel sur les politiques macroéconomiques et de change des principaux partenaires commerciaux des États-Unis », le département du Trésor a déclaré qu'aucun partenaire commercial majeur du pays ne remplissait pour l'instant les critères législatifs pertinents pour être qualifié de manipulateur de devises.

Notant que le département avait évalué l’évolution de la situation au cours des derniers mois concernant la Chine et ses pratiques en matière de devises, le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin a déclaré dans un communiqué que « la Chine a pris des engagements applicables pour s'abstenir de faire de la dévaluation compétitive, tout en favorisant la transparence et la responsabilité ».

Mark Sobel, président américain du Forum officiel des institutions monétaires et financières, un think-tank (groupe de réflexion) indépendant, a indiqué sur Twitter qu'il s'agissait d'une « bonne nouvelle », qualifiant les accusations contre la Chine d’acte politique « flagrant » et « malavisé ».

« La Chine n'aurait pas dû être qualifiée ainsi dès le départ », a affirmé M. Sobel, qui a été le représentant américain au Fonds monétaire international (FMI) ainsi que secrétaire adjoint du département américain du Trésor. Il a noté que l'excédent du compte courant de la Chine était faible en proportion du PIB et qu'il y avait « peu d'intervention » du gouvernement.

Sur fond de tensions commerciales accrues, le département du Trésor américain avait décidé en août de qualifier la Chine de manipulateur de devises, suscitant de vives critiques de la part du pays et de l'étranger, beaucoup qualifiant cette désignation d’infondée et d’irresponsable.