La politique de la partie continentale de la Chine envers Taïwan est claire et constante, a déclaré un porte-parole après que Tsai Ing-wen a remporté samedi l’élection présidentielle de l'île.

« Nous soutenons les principes de base d’une réunification pacifique, le principe “un pays, deux système” et le principe d'“une seule Chine” », a déclaré Ma Xiaoguang, porte-parole du Bureau de travail à Taïwan du Comité central du Parti communiste chinois (PCC) et du Bureau des affaires de Taïwan du Conseil des Affaires d'État.

« Nous protégeons résolument la souveraineté nationale et l'intégrité territoriale de la Chine, nous nous opposons résolument à l'action séparatiste envers l'indépendance de Taïwan sous quelque forme que ce soit, et nous promouvons résolument les intérêts et le bien-être des compatriotes Taïwanais », a poursuivi le porte-parole.

Le développement pacifique des relations entre les deux rives du détroit est la bonne voie à suivre pour promouvoir un développement commun et bénéficier aux compatriotes des deux côtés, a-t-il avancé.

« Sur la base politique commune de l'adhésion au Consensus de 1992 et de l'opposition à l'indépendance, nous sommes prêts à travailler avec les compatriotes de Taïwan pour promouvoir le développement pacifique des liens entre les deux rives du détroit, avancer vers une réunification pacifique avec la mère patrie et ouvrir ensemble de belles perspectives pour le renouveau de la nation chinoise », a-t-il déclaré.

Mme Tsai, du Parti démocratique progressiste (DPP), et son colistier Lai Ching-te ont remporté samedi les élections présidentielles de Taïwan, a annoncé la commission électorale de l'île.

Ils ont reçu plus de 8,17 millions de voix – soit 57,1% du total. Le candidat du Kuomintang (KMT) Han Kuo-yu et son colistier, Chang San-cheng, ont obtenu 5,52 millions de voix (38,6%), et James Soong du Parti du peuple d'abord et sa colistière, Sandra Yu, ont reçu 600000 voix (4,3%).

Les élections législatives de Taïwan se sont tenues en même temps que les élections présidentielles. Parmi les 113 sièges de l'Assemblée législative de l'île, le DPP a obtenu 61 sièges tandis que le KMT en a obtenu 38.

Zhu Songling, professeur à l'Institut des études taïwanaises de la Beijing Union University, a avancé que le DPP avait fait beaucoup lors de la campagne électorale pour créer des tensions entre les deux rives du détroit.

L’Assemblée de l'île a adopté le mois dernier une « loi anti-infiltration » pour lutter contre ce que le DPP a appelé « l'infiltration » et les « menaces » de la partie continentale de la Chine, qui aurait payé des personnes sur l'île pour promouvoir ses objectifs politiques.

M. Zhu a affirmé que la violence des manifestants dans la Région administrative spéciale (RAS) de Hong Kong ces derniers mois avait également été utilisée par le DPP comme une arme contre la partie continentale de la Chine à des fins politiques lors des élections.

Les États-Unis et certaines forces anti-chinoises en Occident sont intervenus lors des élections, a-t-il prétendu, avançant que le Congrès américain avait présenté une série de projets de loi liés à Taïwan dans le but d’aider le DPP à renforcer sa capacité à faire face à la partie continentale de la Chine.

Bien que le candidat du KMT Han Kuo-yu ait été vaincu, lui et ses électeurs, qui ont mis en avant l'amélioration de l'économie de l'île et du niveau de vie de ses habitants, ne peuvent être ignorés, a indiqué M. Zhu.

Selon lui, l'économie de l'île a peu de chances de s'améliorer dans les années à venir avec Mme Tsai à la tête, à la lumière des relations tendues entre les deux rives du détroit et des conditions mondiales difficiles.

Néanmoins, la partie continentale de la Chine continuera de prendre la tête des relations entre les deux rives du détroit et de faire pression pour la réunification du pays, a-t-il déclaré.

Le principe d'« une seule Chine », largement reconnu dans le monde, restera inchangé, a affirmé M. Zhu, ajoutant qu’il est quasi certain que les États-Unis continueront d’interférer à Taïwan et qu’ils devraient être surveillés attentivement.

Dimanche, le ministère chinois des Affaires étrangères a exhorté la communauté internationale à continuer de respecter le principe d'« une seule Chine ».

« Nous espérons et croyons que la communauté internationale continuera d'adhérer au principe d'“une seule Chine” et qu’il comprendra et soutiendra la juste cause du peuple chinois en opposition aux activités sécessionnistes et en faveur de la réunification nationale », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Geng Shuang.

La question de Taïwan est une affaire interne à la Chine, a affirmé M. Geng, avançant que quoi qu'il se passe à Taïwan, le fait qu'il n'y ait qu'« une seule Chine » et que Taïwan en fasse partie ne changera pas.

Le gouvernement chinois ne changera pas de position, a-t-il poursuivi. Il adhère au principe d'« une seule Chine » et s'oppose à l'indépendance de Taïwan. Le consensus universel de la communauté internationale en faveur du principe d'« une seule Chine » ne changera pas non plus, a-t-il affirmé.

M. Geng a également exprimé son indignation et son opposition aux pays qui entretiennent des relations diplomatiques avec la Chine et qui s'engagent dans toute forme d'échanges officiels avec Taïwan.

Il a tenu ces propos dans une déclaration en ligne après que de hauts responsables aux États-Unis, au Royaume-Uni et au Japon ont adressé leurs félicitations à Mme Tsai.

L'élection à Taïwan est l'affaire de la Chine, a avancé M. Geng, et de tels actes enfreignent le principe d'« une seule Chine », qui est la norme de base régissant les relations internationales et a été largement acceptée par la communauté mondiale.

La Chine a entrepris des démarches officielles auprès des pays concernés, a-t-il fait savoir.