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La journaliste de CGTN, Kong Linlin, est maitrisée après son altercation lors d’une réunion parallèle du Parti conservateur britannique le 30 septembre 2018. (Photo : capture d’écran d’une vidéo en ligne)

Des experts chinois ont critiqué dimanche le jugement rendu par un tribunal britannique contre la journaliste du Réseau global de télévision chinoise (CGTN), Kong Linlin, le qualifiant de tentative de se servir de la loi comme d’une arme pour intervenir dans les affaires de Hong Kong et provoquer la Chine.

Le tribunal de Birmingham a condamné vendredi Mme Kong à une peine de 12 mois avec sursis pour avoir soi-disant agressé Enoch Lieu, un activiste de Hong Kong, lors d’une réunion parallèle du Parti conservateur britannique, et à lui verser une majoration, une indemnité compensatoire de 100 livres (909 RMB) et payer d’autres frais, le tout s’élevant à 2 115 livres.

En octobre 2018, M. Lieu avait poursuivi Mme Kong en justice pour l’avoir giflé dans un conflit lors d’un débat sur Hong Kong tenu par le Parti conservateur britannique au pouvoir le 30 septembre 2018. Les sécessionnistes de Hong Kong et les organisateurs du mouvement illégal Occupy Central de 2014 avaient également été invités.

Mme Kong avait fait part de son point de vue en posant des questions sur place, après quoi elle a déclaré qu’elle avait été entravée et physiquement harcelée par M. Lieu, avait rapporté CGTN le 25 octobre.

L’ambassade de Chine au Royaume-Uni a exprimé samedi son choc et son indignation devant la décision du tribunal britannique, invitant le Royaume-Uni à traiter équitablement et conformément à la loi le dossier de Mme Kong. Cette décision soulève des doutes quant à la crédibilité judiciaire du Royaume-Uni et à la défense qu’elle prétend mener en faveur de la liberté d’expression et de parole, a fait savoir l’ambassade.

Un porte-parole de China Media Group (CMG), qui administre CGTN, a réagi vendredi au jugement, déclarant : « Nous sommes désolés de la décision du tribunal britannique dans l’affaire Kong Linlin. » Et de poursuivre : « CMG respecte les lois du Royaume-Uni, mais nous espérons que les tribunaux britanniques pourront juger l’affaire de manière équitable en se basant sur les faits, sans ingérence de tiers, et protéger les droits et intérêts légitimes des journalistes », a-t-il déclaré.

L’ambassade de Chine a fait savoir samedi que Mme Kong avait interjeté appel.

Mme Kong avait été arrêté pour voie de fait simple en octobre 2018. Les procureurs britanniques avaient par la suite décidé de classer l’affaire sans suite, faute de preuves. Les tribunaux britanniques ont repris la procédure plus tard « en l’absence de toute nouvelle preuve », selon l’ambassade, soulignant les attitudes changeantes et les décisions fluctuantes des autorités britanniques.

Certains experts chinois se sont inquiétés de ce que les droits et intérêts légitimes des journalistes chinois soient mis en danger au Royaume-Uni, estimant que son intégrité judiciaire semble être affectée par la politique internationale.

« L’annonce de la décision dans le chaos actuel à Hong Kong indique que le système judiciaire britannique a été influencé par la politique », a affirmé Zhang Shengjun, professeur de politique internationale à l’Université normale de Beijing.

« Le tribunal britannique utilise l’outil judiciaire pour mener à bien son intervention politique », a remarqué Shen Yi, professeur à l’Université Fudan de Shanghai. « Dans le scénario conflictuel, le Royaume-Uni joue à nouveau le rôle de partie dans les questions concernant Hong Kong. Le jugement est irrationnel et émotionnel, ce qui montre la fragilité de la justice britannique », a-t-il déclaré. Il a suggéré que la Chine réagisse fermement, par exemple en prenant des mesures comme la restriction des activités des journalistes britanniques.

De telles contre-mesures visaient à atténuer l’illusion britannique inappropriée concernant leur soutien aux émeutiers de Hong Kong et à éviter de nouvelles erreurs de calcul dans les décisions futures, a précisé M. Shen. C’était « nécessaire pour maintenir l’amitié et le développement à long terme entre la Chine et le Royaume-Uni », a-t-il affirmé.