Le vice-premier ministre chinois Han Zheng a déclaré mercredi que la fin de la violence qui sévissait à Hong Kong depuis près de cinq mois demeurait la priorité absolue de la région administrative spéciale (RAS) et relevait de la responsabilité des autorités exécutives, législatives et judiciaires de la RAS.

M. Han a affirmé que le gouvernement central continuerait de soutenir sans réserve le gouvernement de la RAS et ses forces de police pour mettre fin à la violence et rétablir l'ordre public dans la ville, car « aucun pays ni aucune région dans le monde » ne tolérerait des actes aussi extrêmement destructeurs.

M. Han, également membre du Comité permanent du Bureau politique du Comité central du Parti communiste chinois de Chine, a tenu ces propos lors d'une réunion mercredi à Beijing avec la cheffe exécutive de la RAS de Hong Kong, Carrie Lam Cheng Yuet-ngor. Il s’agissait de la première réunion publique entre M. Han et Mme Lam depuis le début des manifestations en juin. Elle fait suite à la réunion du président Xi Jinping avec Mme Lam à Shanghai lundi, au cours de laquelle M. Xi avait salué le travail de Mme Lam dans la gestion des troubles et exprimé sa confiance en son administration.

Lors de son allocution d'ouverture au cours de cette réunion à huis clos, M. Han a réaffirmé le haut degré de confiance et d'appréciation du gouvernement central envers Mme Lam, ainsi que la confiance envers le gouvernement de la RAS et la police de Hong Kong face à ce qu'il a décrit comme « la situation la plus sérieuse » depuis sa rétrocession à la Chine.

Une ligne rouge

Il a déclaré que les actes perturbateurs des séparatistes radicaux avaient bafoué l'état de droit dans la ville et remis en cause le principe fondamental du principe « un pays, deux systèmes », sapant ainsi les intérêts généraux de Hong Kong.

Soulignant que la fin de la violence devait faire l'objet d'un consensus au sein de la société dans son ensemble, M. Han a également exprimé sa confiance dans l'administration de Mme Lam pour prendre des mesures efficaces afin de résoudre les problèmes de logement et d’autres questions relatives aux conditions de vie.

Le gouvernement de la RAS aura toujours l'appui ferme du gouvernement central pour maintenir la prospérité et la stabilité de Hong Kong, a affirmé M. Han.

Il a également évoqué la décision prise lors de la quatrième session plénière du XIXème Comité central du PCC, qui vient de s'achever, dans laquelle le Parti a souligné l'importance de respecter scrupuleusement la Constitution nationale et la Loi fondamentale régissant la RAS de Hong Kong, ainsi que l’institution d’un système juridique dans la RAS pour préserver la sécurité nationale. Cela montre l'attitude ferme du gouvernement central et sa confiance dans la mise en œuvre du principe « un pays, deux systèmes », a indiqué M. Han.

Exprimant ses remerciements pour le ferme soutien du gouvernement central, Mme Lam a promis que le gouvernement de la RAS respecterait fermement le principe « un pays, deux systèmes » ainsi que l’état de droit pour mettre fin à la violence.

Mme Lam a fait savoir qu'elle était très attristée de voir qu'un tiers des plus de 3000 personnes arrêtées au cours des manifestations étaient des étudiants et que la dynamique positive dans le développement économique de la plaque tournante financière de Hong Kong subissait un coup dur. Elle a affirmé que le gouvernement de la RAS était déterminé à mettre fin à la violence et à créer un environnement pacifique.

Ding Xuedong, vice-secrétaire général exécutif du Conseil des Affaires d'Etat, Zhang Xiaoming, directeur du Bureau des affaires de Hong Kong et de Macao du Conseil des affaires d’Etat, et Wang Zhimin, directeur du Bureau de liaison du gouvernement populaire central à la RAS de HK étaient également présent à cette réunion.

Une responsabilité partagée

La juriste et législatrice de Hong Kong, Priscilla Leung Mei-fun, a convenu que les organes exécutif, législatif et judiciaire de la ville partagent la responsabilité de réprimer la violence. Elle a remarqué que le travail de ces organes n'est jamais séparé de la gouvernance de la ville. Dans l'esprit de la Loi fondamentale, les trois parties doivent se compléter et maintenir des freins et des contrepoids dans leurs fonctions respectives, a-t-elle noté. Compte tenu de la violence qui se prolonge, des efforts concertés de l'ensemble de la société, en particulier de ces trois pouvoirs, sont indispensables pour remettre Hong Kong sur les rails, a-t-elle précisé.

Lau Siu-Kai, vice-président de l'Association chinoises des études de Hong Kong et de Macao – un groupe de réflexion de premier plan sur les questions hongkongaises – a déclaré que la reconnaissance du gouvernement central contribuerait à renforcer le moral soumis à rude épreuve de la police, les soutenant ainsi pour résister aux troubles sociaux.

Appréciant la résolution du gouvernement central de maintenir le principe « un pays, deux systèmes », Mme Leung a exhorté le gouvernement de la RAS à mettre davantage l'accent sur la nécessité de veiller à ce que le public comprenne correctement cette politique. Selon elle en effet, les troubles ont montré que certains Hongkongais, notamment des jeunes, des fonctionnaires et des magistrats, ne comprenaient pas parfaitement et complètement l’essence de ce concept.