Carrie Lam Cheng Yuet-ngor, la cheffe de l’exécutif de Hong Kong, a déclaré mardi que la loi anti-masque aura besoin de temps pour être pleinement efficace, alors que des épisodes de violence ont de nouveau secoué la ville ce weekend, mettant davantage de pression sur l'économie en déclin de la ville.

Le gouvernement de la Région administrative spéciale (RAS) de Hong Kong a promulgué vendredi la Régulation sur l'interdiction de se masquer le visage, en invoquant des « pouvoirs d'urgence », et cette dernière est entrée en vigueur samedi, avec pour objectif de dissiper les troubles sociaux qui touchent la ville depuis quatre mois.

Mais la ville a de nouveau été marquée par une escalade des violences ce weekend, alors que les rassemblements illégaux se poursuivaient et que les manifestants exprimaient leur colère contre cette nouvelle loi.

Lors d'une conférence de presse de routine, Mme Lam a souligné que les actes illégaux perpétrés par les manifestants violents avaient délibérément paralysé le système ferroviaire de Hong Kong, ajoutant que les perturbations affectaient gravement la vie des habitants de Hong Kong.

« L'ampleur des dégâts est maintenant considérable et pèse lourdement sur diverses industries, notamment le commerce de détail, les services, le tourisme et la restauration. Les dégâts pourraient entraîner une hausse du chômage », a affirmé Mme Lam, ajoutant que près de 600 000 résidents travaillant dans ces secteurs pourraient être affectés.

Elle a noté que le taux d'occupation des hôtels n'était que de 66% en août, soit une baisse de 28% par rapport à l'année dernière. Parallèlement, le secteur du tourisme a connu un ralentissement important pendant les vacances de la Fête nationale chinoise, le nombre de touristes à Hong Kong ayant chuté d'environ 50% au cours des six premiers jours d’octobre comparé à l’année dernière.

« L'hiver arrive », a noté Mme Lam, ajoutant que toutes les industries se débattaient et se dirigeaient vers un ralentissement économique à cause des troubles sociaux, de la violence et des « émeutes ».

Elle a également déclaré que le gouvernement ne prévoyait pas pour l'instant de promulguer d'autres mesures en vertu de l'Ordonnance sur les régulations d'urgence, ajoutant qu'elle et son équipe trouveraient d'autres solutions pour faire face à la situation actuelle en utilisant les instruments juridiques et politiques pour rétablir le calme et l'ordre.

L'introduction de la loi anti-masque a suscité des inquiétudes chez les observateurs occidentaux. Chris Patten, le dernier gouverneur de Hong Kong, a indiqué craindre que ce ne soit qu’une question de temps avant que quelqu'un ne soit tué par la police durant les affrontements, ajoutant que la cheffe de l’exécutif « devait être folle » pour interdire les masques.

Répondant à une question concernant les propos de M. Patten, Mme Lam a exhorté les politiciens étrangers à bien comprendre la nature des manifestations en cours à Hong Kong et à déterminer s'il s'agissait réellement de manifestations « pacifiques et légales » et d'un exercice de « liberté » d'expression, ou si elles étaient des attaques violentes et illégales.

« Si une telle situation se produisait sur leur sol, je pense que leurs contre-mesures ne seraient pas plus légères que celles que nous avons prises », a avancé Mme Lam.

Elle a ajouté que son gouvernement étudierait l’efficacité de la loi anti-masque et s’est dit espérer que le Conseil législatif puisse reprendre sa session prévue le 16 octobre.

La loi anti-masque devrait être discutée par le Conseil législatif lorsqu’il reprendra.