Le gouverneur adjoint de la BPC s'est engagé à améliorer la flexibilité du taux de change du RMB

La Chine reste fermement résolue à poursuivre son ouverture économique et à approfondir ses réformes financières, avec entre autres la libéralisation du taux de change du renminbi (RMB), et ce malgré les tensions commerciales en cours, a annoncé lundi le principal régulateur des changes du pays.

La politique d'ouverture de la Chine ne sera pas ébranlée, même après que le gouvernement américain a qualifié la Chine de « manipulateur de devises », a affirmé Pan Gongsheng, gouverneur adjoint de la Banque populaire de Chine (BPC, banque centrale), dans un communiqué.

« Nous allons continuer à améliorer la flexibilité du taux de change du renminbi conformément aux réformes axées sur le marché », a annoncé M. Pan, qui est également directeur de l’Administration d’Etat du contrôle des changes (SAFE, acronyme anglais).

« Le marché des changes reviendra progressivement aux fondamentaux après avoir absorbé les chocs à court terme », a-t-il ajouté.

Dans un article séparé publié lundi sur le compte WeChat officiel de la SAFE, M. Pan a confirmé que le pays continuerait à ouvrir son marché obligataire en augmentant le nombre d'instruments financiers et en améliorant le mécanisme de négociation afin de répondre aux besoins des investisseurs mondiaux.

Le fonds négocié en bourse (FNB) sera introduit et les limites sur les opérations de rachat seront supprimées, a annoncé M. Pan dans l'article.

La guerre commerciale sino-américaine est un nouveau facteur que l'autorité monétaire devrait prendre en compte lors du processus d'ouverture financière, a indiqué Zhou Xiaochuan, président de l'Institut chinois des finances et ancien gouverneur de la BPC.

Lors du forum China Finance 40 (CF40) qui s'est tenu ce weekend à Yichun, dans la province du Heilongjiang, M. Zhou a noté que la Chine devrait attacher une grande importance à l'expansion de l'utilisation globale du yuan, une mesure clé pour lutter contre les perturbations causées par la devise de réserve internationale, centrée sur le dollar américain et contrôlée par les États-Unis.

L'ouverture financière de la Chine entre dans une nouvelle phase, alors que des perturbations importantes apparaissent également sur les marchés mondiaux, telles que dans la distribution mondiale des ressources, provoquées par les « sanctions économiques fondées sur une monnaie » imposées contre la Russie, l'Iran et le Venezuela, a affirmé M. Zhou, qui a averti que la Chine devrait se préparer à des conflits commerciaux sur le long terme.

L’élargissement de l’ouverture financière de la Chine pourrait être affecté par l'attentisme des investisseurs mondiaux face aux différends commerciaux sino-américains, ont avancé certains experts.

Le ministère du Trésor américain a qualifié la Chine de « manipulateur de devises » le 5 août, après que Washington a menacé d’imposer des tarifs douaniers supplémentaires de 10% sur 300 milliards de dollars de produits chinois à compter du 1er septembre.

Des analystes ont affirmé que la Chine ne manipulait pas sa monnaie. Le rapport publié vendredi par le Fonds monétaire international (FMI) après sa consultation annuelle avec la Chine au titre de l'Article IV, qui indique que le niveau du yuan est conforme aux fondamentaux économiques du pays, est également considéré comme un soutien à l'objection de la Chine quant au fait d’être qualifiée de « manipulateur de devises ».

Chen Yuan, président du Conseil exécutif du CF40 et ancien vice-président du Comité national de la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC), a suggéré d'augmenter le nombre de règlements libellés en yuans dans le commerce mondial des produits de base, et ce dans le but d'accélérer l'internationalisation du renminbi et de réduire la dépendance au dollar.

La Chine devrait s'en tenir à ses politiques d'ouverture, car son marché financier dispose encore d’un grand potentiel pour attirer les investisseurs mondiaux et d’une grande résilience face aux incertitudes économiques mondiales, a déclaré Shang Fulin, ancien président de la Commission de régulation bancaire de Chine, lors du forum.