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La Chine et l’Europe devraient coopérer davantage dans le secteur automobile, afin d’aider à renforcer la collaboration réglementaire et d’harmoniser les standards internationaux, notamment en travaillant plus étroitement avec les organisations internationales où les réglementations techniques sont élaborées, a indiqué Erik Jonnaert, le secrétaire général de l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA), dans un e-mail au Global Times.

Ses remarques surviennent dans un contexte de déclin continu des ventes de véhicules de tourisme en Chine. Au mois de mai, celles-ci ont chuté de 17,4 % en glissement annuel, selon l’Association des constructeurs automobiles de Chine (ACAC), l’une des plus grandes associations chinoises dans ce secteur.

Néanmoins, M. Jonnaert a fait savoir que le marché chinois, qui reste le plus grand marché automobile au monde en matière de taille et de potentiel de marché, restait important pour tous les constructeurs automobiles.

L’ACEA représente quinze constructeurs majeurs de voitures, de camionnettes, de camions et de bus basés en Europe, incluant les groupes BMW, Daimler, Volkswagen et Volvo.

« Nous voyons également de nouvelles opportunités créées par la tendance vers un renforcement de l’électrification, mais aussi de la connectivité et de l’automatisation. Ces opportunités n’existent pas uniquement pour les véhicules de tourisme, mais également de plus en plus sur le segment des véhicules utilitaires lourds », note le secrétaire général de l’ACEA.

La Chine est le plus grand marché au monde des véhicules aux énergies nouvelles (VEN) et leurs ventes ont été croissantes malgré un déclin des ventes globales de véhicules. Selon Dong Yang, le vice-président de l’ACAC, les ventes de VEN en Chine ont atteint les 1,26 million d’unités en 2018, enregistrant une augmentation de 61,7 % en glissement annuel. Elles ont par ailleurs représenté plus de 50 % des ventes mondiales de VEN, qui ont atteint les 2 millions de véhicules sur cette période.

Les VEN constituent l’un des principaux secteurs, où la Chine et l’Europe peuvent coopérer, car « les deux essaient de lutter contre le changement climatique et s’efforcent de réduire les émissions du transport routier », a souligné M. Jonnaert.

Dans ce contexte, les constructeurs automobiles européens ont poursuivi une politique de développement relativement agressive en Chine. Volkswagen prévoit par exemple de bâtir un véhicule utilitaire sportif entièrement électrique pour la Chine à partir de 2021, rapporte l’agence Reuters. Le constructeur allemand BMW a pour sa part fait de la Chine une plateforme d’exportation pour ses nouveaux modèles électriques, malgré les incertitudes concernant les droits de douane et le conflit commercial entre la Chine et les Etats-Unis.

En Europe, l’entreprise chinoise BYD est quant à elle le premier fournisseur de bus entièrement électriques, avec plus de 20 % de part de marché.

Les projets de coopération entre les entreprises de Chine et d’Allemagne sont également courants. Ainsi, le producteur allemand de bornes de recharge pour les conducteurs de VEN coopère avec Star Charge China dans le domaine des bornes de recharge électriques.

A la mi-2018, BMW a signé un contrat d’une valeur dépassant le milliard d’euros avec l’entreprise chinoise Contemporary Amperex Technology (CATL). Cette dernière a également des connexions commerciales avec d’autres constructeurs automobiles allemands, comme Daimler et Volkswagen. La coopération entre ces deux groupes, qui sont les deux plus grands constructeurs automobiles au monde, représente l’avenir, selon les analystes.

Malgré les incertitudes croissantes et l’augmentation du protectionnisme dans l’économie mondiale, M. Jonnaert a indiqué que le secteur automobile européen continuait de croire en l’importance d’un système de commerce multilatéral basé sur les règles et soutenu par l’OMC.

« Les entreprises automobiles en Europe sont devenues des opérateurs réellement mondiaux et croient fermement en l’importance de la collaboration et du dialogue, y compris avec la Chine, afin d’assurer l’essor des échanges commerciaux et d’aider à soutenir nos économies respectives », a-t-il souligné.