Ce programme scientifique combiné a pour but de « profiter à toute l'humanité »

La Station spatiale chinoise devrait accueillir neuf projets scientifiques internationaux de 17 pays couvrant un large éventail de domaines de recherche.

Ils incluront les sciences de la vie spatiale et la biotechnologie, la physique de la microgravité et l'astronomie, ont annoncé mercredi l'Agence spatiale chinoise et le Bureau des affaires spatiales des Nations Unies (UNOOSA) à Vienne, en Autriche.

C'est la première fois qu'une mission spatiale chinoise invite tous les membres de l'ONU à mener des expériences, ce qui constitue une étape importante dans l'avancement du programme spatial habité de la Chine, qui passe du développement indépendant à la coopération mondiale, a déclaré Lin Xiqiang, directeur adjoint de l'agence.

Le chef de l'agence, Hao Chun, a indiqué lors de l'événement que la Chine serait « ravie » de voir des scientifiques de différents pays, nationalités et cultures mener des expériences sur la Station spatiale chinoise.

« L'objectif du programme spatial habité de la Chine est de profiter à toute l'humanité en utilisant pacifiquement l'espace extra-atmosphérique, ce qui est également conforme aux valeurs de l'UNOOSA. L'Agence spatiale chinoise est prête à adhérer aux principes d'égalité, de bénéfices mutuels et de développement commun et à poursuivre les échanges avec d’autres pays et régions du monde qui s’engagent également dans ce but », a affirmé M. Hao.

La Chine et les candidats au projet signeront des accords de coopération d'ici la fin de 2019, et la station devrait être mise en service vers 2022. L'agence continuera de travailler en étroite collaboration avec l’UNOOSA et ouvrira une deuxième série de candidatures dans les meilleurs délais.

M. Hao et Simonetta di Pippo, directrice de l’UNOOSA, ont annoncé conjointement les neuf projets lors de la cérémonie.

Mme di Pippo a déclaré que l'initiative lancée par l'UNOOSA et l’Agence spatiale chinoise aidera à combler le fossé pour des millions de personnes dans le monde qui n'ont pas accès à l'exploration spatiale.

« C’est un excellent exemple de la Chine et d’autres nations travaillant de concert pour permettre à un nombre toujours croissant de pays et à leurs peuples d’obtenir des avantages en matière d’espace, contribuant ainsi à la réalisation des 17 Objectifs de développement durable des Nations Unies », a-t-elle affirmé.

Mme di Pippo a noté que la collaboration de l'UNOOSA avec l’agence chinoise allait au-delà de ce programme unique. « Nous allons travailler ensemble pour créer un programme encore plus accessible pour les pays en développement », a-t-elle fait savoir.

Wang Qun, représentant permanent de la Chine auprès du bureau des Nations Unies à Vienne, a décrit cette initiative comme une « manifestation éclatante » de l'adhésion de la Chine au multilatéralisme, à l'inclusion et à l'ouverture, ainsi que de son engagement en faveur du développement durable.

« L'industrie spatiale chinoise a besoin de la coopération internationale, notamment dans le cadre des Nations unies, et est attachée à la coopération internationale », a déclaré M. Wang.

Des scientifiques de 23 entités de 17 pays différents mèneront des expériences sur les tumeurs et les microorganismes sous microgravité, les instabilités de flammes, l'étude spectrale du gaz nébulaire, la suite de POLAR – un détecteur compact permettant de mesurer la polarisation des sursauts gamma – ainsi que le développement de batteries solaires pour applications spatiales.

Ces expériences sont importantes pour améliorer la compréhension des causes du cancer et des infections bactériennes dans l'exploration spatiale humaine à long terme, pour fournir une base théorique à la sécurité incendie dans l'espace et pour développer une source d'énergie plus efficace, selon Lyu Congmin, chef adjoint concepteur de système d'application spatiale.

La station spatiale fournira des plateformes externes pour les charges utiles expérimentales et 16 racks d’expérimentation à l’intérieur de la cabine pouvant prendre en charge 11 disciplines telles que la médecine spatiale, les sciences de la vie, la physique en microgravité et les sciences des matériaux.

Les candidats sélectionnés sont également invités à apporter leurs propres installations expérimentales ou leurs charges utiles, à l'intérieur ou à l'extérieur de la station, et la Chine aidera à transporter et à assembler les installations en orbite, a indiqué M. Lyu.

Le développement des installations expérimentales destinées à être utilisées sur la station avance sans heurts. La première phase de développement des racks dans la cabine principale est déjà terminée, et les chercheurs ont surmonté toutes les difficultés techniques essentielles pour compléter celle de la seconde cabine, a-t-il ajouté.

L'agence spatiale chinoise et l'UNOOSA ont signé un protocole d’entente en 2016. Cette initiative vise à développer les capacités spatiales des membres de l'ONU en offrant la possibilité de voler à bord de la Station spatiale chinoise, qui devrait orbiter autour de la Terre en 2022.

Les deux agences ont envoyé l'invitation à tous les membres des Nations Unies en mai 2018 et ont reçu 42 projets de 27 pays développés et en développement couvrant un large éventail d'études à différents niveaux techniques.

Le jury d'évaluation,