La Chine a interdit à 307 personnes « qui avaient perdu tout crédit » de prendre le train en mai dernier, et à 960 autres de prendre l'avion, dans le cadre d'une initiative visant à mettre en place le système de crédit social du pays, que les responsables ont pris mercredi l’engagement d’accélérer.

Lors d'une réunion mercredi du Conseil des Affaires d'Etat, le gouvernement chinois, présidé par le premier ministre chinois Li Keqiang, a annoncé que le pays accélérerait l’établissement d'un système de crédit social et mettrait en place un nouveau cadre de surveillance du marché correspondant à ce système. Ce système vise à améliorer le comportement des citoyens et à rétablir l'ordre social.

Ce sont au total 302 voyageurs ayant fumé dans des trains à grande vitesse, perturbé l'ordre dans les transports ferroviaires, menacé la sécurité ferroviaire ou dont les actes ont généré des conséquences sociales négatives et graves, ainsi que ceux qui ont refusé de s’acquitter de suppléments de billets, qui ont été sanctionnés par une interdiction de prendre des trains, selon un communiqué publié mercredi par le Centre national d'information sur le crédit public. La liste des usagers concernés a été fournie par la société China Railway.

L’Administration de l’aviation civile a fourni une liste de 955 personnes qui ont commis des infractions, notamment en fumant, en enfreignant les règles d’utilisation des produits électroniques, en transportant des objets interdits dans l’avion, en empêchant le personnel de s’acquitter de sa mission ou en lançant des attaques personnelles à leur encontre.

Cinq autres personnes qui n’avaient pas payé les pénalités administratives pour les actions ou les contrats à terme ont été sanctionnés par une interdiction d’acheter des billets de classe supérieure dans les avions et les trains.

En mai, 276 835 éléments d'information concernant des entités malhonnêtes ont été ajoutés à la liste noire des crédits, impliquant 246 553 entités.

La Chine souhaite mettre en place le plus grand système de crédit social au monde d'ici fin 2020. Depuis juin 2018, les départements concernés publient des listes noires d'individus et d'entreprises qui, selon les analystes, pourraient permettre de « dénoncer et blâmer » les entités impliquées dans des actes répréhensibles.

Les tribunaux chinois ont rendu des ordonnances empêchant les emprunteurs défaillants de quitter le pays. Le tribunal de Shanghai a ainsi interdit à Chen Zhengjiang, le représentant légal d'une filiale d’Ofo, la plateforme chinoise de partage de vélos, de sortir du territoire en raison d'un défaut de remboursement des dettes.

Les analystes ont remarqué que le système de crédit social chinois aiderait à bâtir un « pays honnête et discipliné » qui facilite la vie des honnêtes gens, tandis que les personnes discréditées pourraient se heurter à des difficultés peu importe où ils se trouvent.