Les entreprises privées encouragées à utiliser les installations des entreprises publiques

Les autorités spatiales chinoises ont publié une réglementation visant à gérer et à stimuler le développement de l'industrie des lancements spatiaux commerciaux, une décision que les acteurs privés estiment qu’elle favorisera la prospérité du marché et une croissance durable.

La réglementation, qui a été publiée lundi, a été élaborée conjointement par l’Administration d’Etat des sciences, de la technologie et de l’industrie pour la défense nationale et par le Département du développement des équipements de la Commission militaire centrale.

Elle couvre la recherche, le développement, la production, les essais, le lancement, la sécurité et le contrôle technologique d'une « fusée commerciale », qui est définie comme une fusée conçue et construite à partir de fonds privés dans le but de réaliser un profit.

La réglementation stipule que les fabricants de la fusée, du moteur ou de toute pièce contenant des substances explosives ou inflammables doivent obtenir l’approbation des autorités concernées avant de débuter leurs opérations.

Avant de procéder à un lancement, les sociétés spatiales commerciales doivent spécifier leurs enregistrements d’orbite et de fréquence, leurs mesures de sécurité et leurs polices d’assurance, et s’assurer que cette activité ne compromettra pas la sécurité nationale ni les intérêts publics.

Toutes les missions orbitales, qui font référence à des lancements qui placent une charge utile sur une orbite donnée, doivent être conduites dans des centres spatiaux agréés par le gouvernement, précise la réglementation.

Elle encourage également les entreprises privées à coopérer avec des entreprises ou des entités de recherche appartenant à l'Etat et à utiliser leurs installations.

Yao Bowen, un porte-parole du fabricant de fusées privé i-Space, basé à Beijing, a déclaré mardi que cette réglementation fournirait une base légale au secteur spatial commercial en Chine et contribuerait à encourager l'innovation par les entreprises privées.

« La réglementation stipule que seules les entreprises possédant les qualifications requises seront autorisées à participer à la recherche, à la production et au lancement de fusées, fermant la porte à ceux qui utilisent le nom d’“espace commercial” pour embobiner les investisseurs », a-t-il expliqué. « Cela aidera à prévenir le gaspillage de ressources et encouragera une croissance saine du secteur ».

M. Yao a suggéré que les autorités spatiales donnent davantage d'opportunités aux acteurs non étatiques, en leur permettant par exemple de participer à des programmes spatiaux financés par le gouvernement afin qu'ils puissent devenir plus compétitifs sur le marché international.

En outre, le contrôle du gouvernement sur le marché spatial national devrait être encore assoupli et les programmes commerciaux devraient être régis par les règles du marché plutôt que par les politiques gouvernementales conçues pour des projets spatiaux d'Etat.

Zhang Changwu, PDG de Land-Space, une autre start-up privée dans le secteur spatial basée à Beijing, a déclaré que la réglementation reflétait l'attention accrue portée par les autorités spatiales au secteur commercial.

« Cela incitera les acteurs de ce secteur à améliorer leur conformité réglementaire et leur autodiscipline, et les encouragera également à accorder davantage d'importance à leur technologie et à la qualité de leurs produits », a indiqué M. Zhang.

Xie Tao, PDG de Commsat, producteur de satellites privés basé à Beijing, a noté que le gouvernement semblait impatient de voir un marché spatial commercial prospère et robuste, ce qui nécessitera une participation active des entreprises privées.

Selon lui, l'introduction de cette réglementation réduira considérablement le coût des lancements commerciaux et apportera des avantages aux activités satellitaires de la Chine.

« Elle introduit à la fois des règles et une concurrence sur le marché des services de lancement », a indiqué M. Xie.